Austérité ou responsabilité?

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Le Nouvelliste

Il s'est dit bien des choses dans l'actualité, ces dernières semaines sur les coupes du gouvernement libéral, que ce soit les garderies, les conventions collectives, la santé, les retraites, etc.

À partir de cela, je me pose la question du modèle québécois à privilégier. Au fond, force est de reconnaître que nous vivons au-dessus de nos moyens. Personne ne veut l'austérité, moi non plus. Et si on parlait plutôt de responsabilité.

Mes parents, et davantage la génération de mes grands-parents, se serraient la ceinture, mais vous allez me dire qu'on n'en est pas là. Pas si sûr. Souhaitons-nous le modèle d'interventionnisme pur et simple de l'État ou un modèle où la contribution de tous est sollicitée et nécessaire si on veut maintenir la qualité des services publics au Québec?

Prenons quelques exemples: les garderies subventionnées, c'est un programme populaire et il est le plus généreux en Amérique du Nord. Créé en 1997, le tarif journalier était fixé à 5 $. Ce service ne valait pas 5 $, pas plus que 7 $ en 2004 et bientôt 8 $ en 2015. Aujourd'hui, les parents ne paient que 13 % de son coût et l'État le reste. Il n'y a rien de scandaleux à l'ajuster. Pourtant, lors de l'annonce de la modulation du tarif, tout le monde a déchiré sa chemise!

Au Québec, dès qu'on a investi quelque chose, on ne peut plus jamais le remettre en cause. L'ajustement de la tarification selon les revenus des familles me semble raisonnable. Il est curieux de constater comment les syndicats peuvent clamer que les plus riches doivent davantagenormalement contribuer et dans ce cas-ci être contre la hausse des tarifs.

Il y en a même pour demander la gratuité, tout comme l'ont réclamé les Carrés rouges en éducation en 2012. Or, ce n'est pas responsable. Les services ne se financent pas comme par magie. Les gens de ma génération recevaient l'allocation familiale sans congés parentaux, sans garderies subventionnées et on n'est pas mort!

Ça m'exaspère d'entendre certains journalistes rapporter l'annonce de Stephen Harper sur l'aide aux familles canadiennes comme un cadeau électoraliste pur et simple.

Il y a aussi les conventions collectives des secteurs public et parapublic. Replaçons les choses dans leur contexte. Savez-vous qu'il y a près de 500 000 emplois dans ces secteurs et davantage de travailleurs et de travailleuses du domaine privé dans les autres secteurs (alimentation, vêtement, etc), qui n'ont pas nécessairement de fonds de pension? À voir aller les choses et le rapport de force entre syndiqués et le gouvernement, pensez-vous qu'un travailleur ou une travailleuse qui gagne 40 000 $ et sans fonds de pension va être sympathique à la cause des travailleurs syndiqués? Je me garderais une petite gêne.

Martin Coiteux, président du Conseil du trésor, déclarait à ce sujet que «les demandes syndicales sont d'une autre époque où on s'endettait pour payer l'épicerie, chose que nous ne ferons plus».

Au fond, personne ne veut l'austérité et on peut continuer à crier qu'on a droit au panier de services publics, mais à quel prix?

Si ce genre d'exercice se fait au niveau des familles, des couples, regarder de près ce qui reste dans nos poches et ce qu'on pourrait couper et qui n'est pas vraiment nécessaire dans notre budget, il appartient au gouvernement de trouver la formule ajustée concernant les affaires de l'État et quant à moi, nous sommes partis sur la bonne voie.

Je suis convaincu que dans la population, une majoritésilencieuse endosse les manières de faire du présent gouvernement.

André Gendron

Secteur Shawinigan

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