Un fléau sous-estimé

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Le Nouvelliste

Des attentats meurtriers survenus à Saint-Jean-sur-Richelieu et au parlement canadien une évidence s'impose: ses auteurs, selon leurs proches, souffraient de maladie mentale.

Les maladies mentales sont des maladies fréquentes qui affectent plus d'une personne sur cinq chaque année. Mais à quelle réalité font face ces malades? Accès aux soins tardifs, retard au diagnostic et aux traitements, complications médicales non traitées... Les constats sont accablants et leurs conséquences désastreuses telles que l'ont démontré les récents événements tragiques.

Il appert que les jeunes patients errent parfois plus de dix ans avant de recevoir un traitement adapté; ce sont dix années de vie perdues, de difficultés scolaires, de désocialisation parfois, de difficultés à trouver et à conserver un emploi. Dix années d'incompréhension, de précarité également, de souffrances terribles pour les malades et pour leurs proches comme l'ont rappelé les parents des deux malades qui ont mis fin à la vie de deux militaires sans défense. Dix années pendant lesquelles la maladie s'aggrave et se complique.

Il est urgent d'agir. Mais à l'heure des grands arbitrages économiques, le coût colossal de ces pathologies pour la société devrait également appeler l'attention des décideurs. À titre d'exemple, selon les rares estimations disponibles en France, plus de 150 milliards $ annuels seraient imputables aux maladies mentales. Ce n'est pas rien!

Comment relever ces défis? Cela ne pourra se faire sans courage politique. Présenter la santé mentale comme une priorité de santé publique en l'inscrivant dans une politique de prévention constitue une perspective encourageante, mais qui doit trouver des traductions concrètes. Des solutions existent, elles sont à portée de main. Nous avons collectivement le devoir de nous en saisir pour offrir à nos jeunes en souffrance, ainsi qu'à tous les patients, de nouvelles perspectives d'avenir.

Malheureusement, si la tendance se maintient, au lieu d'augmenter les budgets en santé mentale et en recherche, n'est-il pas raisonnable de penser, que pour des raisons électoralistes reposant sur la loi et l'ordre, le gouvernement de Stephen Harper préférera durcir les lois en vigueur en refusant de s'attaquer à la racine du mal: la santé mentale?

Claude Gélinas

Shawinigan

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