Les cégeps vont changer

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Le Cégep de Trois-Rivières, comme d'autres, est appelé à faire face à de nouveaux défis.

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Certains se réjouiront, d'autres s'en désoleront, mais chose certaine les cégeps vont changer.

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Raymond-Robert Tremblay, directeur général du Cégep de Trois-Rivières.

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Vingt ans après la dernière réforme d'importance, quarante-cinq ans après leur création, le rapport final du chantier sur l'offre de formation générale, signé par Guy Demers, ex-haut fonctionnaire du ministère de l'Éducation et ancien directeur général du Cégep Lévis-Lauzon, remet en question bien des caractéristiques des cégeps comme nous les connaissons.

Ce sont 93 recommandations que le ministre Yves Bolduc a convenu de «mettre en oeuvre» en confiant un mandat à un comité. «Les recommandations moderniseront le réseau d'enseignement collégial. Elles visent à maintenir l'ensemble de l'accès à la formation collégiale sur tout le territoire et à accroître la marge de manoeuvre des établissements dans la mise en oeuvre des programmes d'études», a-t-il déclaré le 20 octobre dernier, au Cégep de Trois-Rivières.

Assouplir les règles d'admission, notamment pour les diplômés des études professionnelles du secondaire, autoriser des cheminements par étapes, les DEC découpés en modules, créer des attestations d'études collégiales dotées d'une formation générale au secteur régulier, favoriser la mobilité étudiante et l'accueil d'étudiants étrangers, stimuler la formation à distance, spécialiser les collèges en gérant mieux la carte des programmes tout en favorisant la concertation, créer une nouvelle forme de sanction de 4 ans appelée grade d'études appliquées, permettre aux cégeps de région d'entreprendre des projets porteurs pour le marché du travail, financer mieux la formation continue et y soutenir la réussite des adultes, réformer et assouplir la formation générale en valorisant la diversité et l'autonomie des étudiants, accélérer et décentraliser le processus de révision des programmes d'études, autoriser certaines compétences locales dans les programmes techniques, réformer ou abolir l'épreuveuniforme de français, modifier le financement des cégeps en baisse démographique: ce ne sont làque quelques-unes des recommandations marquantes du rapport.

Les constats sont parfois cinglants: «... l'expertise et l'effectif du Ministère sont insuffisants au regard des 115 programmes d'études techniques (...) pour lesquels des travaux devraient être faits pour maintenir à jour l'offre de formation collégiale conduisant à l'obtention d'une sanction ministérielle. » (p. 48)

Nous avons peine à croire que le groupe de travail dirigé par Nicole Rouillier réussira cette mise en oeuvre en deux ans! D'une part, cette vaste réforme sera entièrement à coût zéro, par réallocation de fonds déjà disponibles; d'autre part, certaines de ces intentions sont imprécises et nécessiteront la création de comités de réflexion en concertation avec de nombreux partenaires.

Enfin, il faut reconnaître que plusieurs d'entre elles susciteront de vives résistances, tant dans les communautés locales que du côté des syndicats. De plus, le contexte actuel de compressions budgétaires - où il faut «faire mieux avec moins», comme le dit notre premier ministre - et de négociations collectives du secteur public se prête un peu mal aux réformes en profondeur.

Pourtant, plusieurs de ces changements sont réclamés depuis des années. Les cégeps souhaitent plus de souplesse et d'autonomie régionale. Les défis sont pressants: répondre rapidement aux besoins du marché du travail, former les jeunes, les adultes et les immigrants pour occuper les emplois disponibles, adapter nos programmes aux évolutions technologiques rapides,favoriser la réussite, notamment dans les programmes techniques, relever le défi de la virtualisation des formations dans l'infonuagique.

Dotés de personnel compétent et innovateur, et de mécanismes d'assurance-qualité de plus en plus raffinés, les cégeps sont en mesure d'affronter ces défis avec maturité. Il faut cependant éviter d'agir avec précipitation et garder en tête l'objectif de garantir une accessibilité accrue à la formation collégiale partout sur le territoire.

Pour lire le Rapport Demers: www.mesrs.gouv.qc.ca/le-sommet/les-chantiers-de-travail/loffre-de-formation-collegiale.

L'auteur, Raymond Robert Tremblay, est le directeur général du Cégep de Trois-Rivières.

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