L'affaire PKP

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Le Nouvelliste

Étonnant que tous ces politiciens qui sont là pour la paye jouent les vierges offensées lorsqu'un des leurs, légalement enrichi, se pointe dans le décor des élus éventuels et délégués du petit peuple! C'est vertu camouflée que leur attitude. Ils en feraient tout autant sinon plus, mais le sort ne les a pas gratifiés avec la même largesse. Alors c'est de bon ton d'écorcher celui qui les dépasse d'une tête.

Décidément, les Québécois ont des relations tordues avec l'argent...

Le député Péladeau n'a pas agi comme certains politiciens cités à la commission Charbonneau, en officines secrètes ou par le truchement d'enveloppes brunes. Il s'est délibérément exprimé, en public, devant Jacques Daoust, ex-président d'Investissement Québec, maintenant ministre libéral, avant une séance d'étude des crédits de son ministère.

Certes, il lui manquait alors les habiletés de la langue tordue avec laquelle un politicien aguerri aurait réussi à faire prendre des vessies pour des lanternes, évitant d'être soupçonné de conflit d'intérêts tout en visant à peu près le même objectif.

Quand on voit le tas d'inepties et de lieux communs que proposent certains journaux sur le sujet, on a peine à imaginer qu'un homme d'affaires avisé comme Péladeau fils aurait le goût d'aller mettre ses doigts dans ses médias pour orienter ou influencer la plume des gratte-papiers. En terme de pensée, encore faudrait-il s'assurer qu'il y en ait une, avant de crier au loup. Et si pensée il y avait, elle aurait du moins le mérite de porter à réflexion. Ça, ce n'est pas du luxe par les temps qui courent. Pour un monde normé comme un empire médiatique, ce sont les idées qui peuvent être dangereuses, pas les potins. Et même si éventuellement une direction fait appel à un peu plus de substance, peut-on vraiment s'en plaindre?

Il y a belle lurette qu'on n'incite plus au Québec les gens à penser par eux-mêmes. On préfère les attrouper dans des amphithéâtres pour les abrutir par de l'artificiel, du trompe-l'oeil et de la mégalomanie. PKP ne dirige pas Le Devoir ou La Presse, que je sache. Son empire s'est bâti sur la crédulité, pas sur la raison. Les journalistes frileux n'ont rien à craindre; ce n'est pas là-dedans que les idées sont à la mode.

Claude Parenteau

Saint-Jean-des-Piles

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