Indépendance du Québec: le sujet mérite un complément d'informations

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Le Nouvelliste

Après avoir lu la lettre ouverte de Gilles Bergeron publiée dans l'édition du 17 octobre du Nouvelliste, j'ai cru bon de porter à la connaissance de son auteur quelques renseignements complémentaires que les Québécois devraient aussi connaître avant de se faire une idée sur l'indépendance du Québec.

Selon les comptes économiques du Québec publiés par l'Institut de la statistique du Québec, le Québec a reçu du fédéral des transferts de 17,5 milliards $ en 2012. On peut ajouter à cette somme des transferts de 1 milliard $ aux municipalités et de 1 milliard $ à une série d'organismes. Bien entendu, comme l'indique monsieur Bergeron, si le Québec se retirait de la confédération canadienne, ces transferts prendraient fin, le gouvernement du Québec ne pourrait plus compter sur ces 20 milliards $ pour financer ses activités.

En revanche, monsieur Bergeron devrait savoir que, toujours en 2012, le Québec a envoyé à Ottawa 21 milliards $ en impôt des particuliers et 5,8 milliards $ en impôt des entreprises, sommes auxquelles s'ajoutent 9,7 milliards $ pour la TPS. Voilà des montants que le gouvernement du Québec pourrait récupérer. C'est la base de la réflexion, les différents niveaux de gouvernement du Québec reçoivent 20 milliards $ directement du fédéral. Ses contribuables y envoient par ailleurs 36 milliards $. Pour le strict gouvernement du Québec, le bilan de l'indépendance est positif à première vue.

En ce qui concerne la dette et les pensions, il est vrai que l'accès à l'indépendance devrait donner lieu à des négociations concernant le partage de la dette, mais aussi celui des actifs, des infrastructures, de l'assurance emploi, des sociétés de la Couronne et du plan de pension du fédéral. Le fédéral serait en effet bien mal venu d'exiger que nous lui remboursions notre part légitime de la dette sans nous céder en contrepartie notre part tout aussi légitime des biens acquis et des programmes mis en place avec l'argent des emprunts à l'origine de cette dette.

Bref, vous conviendrez, monsieur Bergeron, que la question est beaucoup plus complexe que ne le laisse entendre votre lettre.

Denis Hébert

Trois-Rivières

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