Regardons plutôt comment est géré le réseau de la santé

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Le Nouvelliste

En réponse à la lettre de Marc Lacour «Faites le ménage là-dedans!» publiée le 8 octobre, au sujet de sa solution adressée au ministre Gaétan Barrette pour atteindre l'équilibre budgétaire dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Votre perception des organismes appelés à tenir des activités de vigie, de promotion des intérêts et de défense collective des droits nous apparaît quelque peu irrespectueuse. Ces organisations, que vous cataloguez de «gérants d'estrade», déploient quotidiennement des efforts énormes dans leur quête d'une justice sociale pour tous. Et ceci est particulièrement vrai pour les organismes oeuvrant auprès des personnes handicapées et de leur famille. Ces groupes s'investissent à améliorer le quotidien de ces personnes par l'entremise, entre autres, d'activités de défense des droits et acceptent de se battre contre les réalités génératrices d'exclusion.

Rappelez-vous, monsieur Lacour. Au début des années 70, la situation des personnes handicapées au Québec est qualifiée de déplorable. Le niveau de vie de ces personnes est peu élevé, elles sont souvent peu scolarisées, sans emploi et souffrent de carences dans la continuité de leurs services. Elles se retrouvaient souvent en institution, isolées du reste du monde, sans trop de possibilités d'intégrer la communauté.

Des groupes de pression se formèrent alors pour revendiquer une société plus juste, plus inclusive et égalitaire. L'on y en prônait des valeurs basées sur le respect de la personne, le droit d'être entendu et reconnu comme citoyen à part entière et de s'intégrer, sans discrimination ni privilège, à la société québécoise. À l'époque, ces groupes, et aujourd'hui encore, revendiquèrent le développement de services et de ressources adaptés aux besoins et aspirations des personnes handicapées et de leur famille.

Par vos propos, vous remettez en question le sens même et la mission de ces groupes qui ont permis à des milliers depersonnes d'intégrer notre société alors qu'historiquement elles en étaient tout simplement exclues.

Ces groupes de défense des droits que vous cataloguez de «gérants d'estrade» sont aussi, à cause de leur engagement citoyen et de leur vision, à la base d'importants changements dont bénéficient encore largement notre société aujourd'hui. Ces hommes et ces femmes ont contribué à façonner la société qui vous a permis de vous épanouir, ne l'oubliez pas. Ne pensons qu'à l'adoption, en 1978, de la Loi assurant l'exercice des droits des personnes handicapées, à la mise en place de la Loi sur la protection du consommateur, à celle sur les normes du travail ou à la création de la Régie du logement.

Plus près de nous, au Centre-du-Québec et en Mauricie, vous n'êtes pas sans savoir que les actions de défense des droits d'une vingtaine de groupes de personnes handicapées ont récemment permis à 1700 familles de voir rehausser les budgets consacrés au soutien à la famille. Cette aide additionnelle de 400 000 $ provenant de l'Agence de la santé et des services sociaux est venue soutenir de nombreuses familles en quête de répit.

Ces remparts que sont les organismes de défense des droits, le Protecteur du citoyen, le Commissaire aux plaintes et bien d'autres sont essentiels pour contrer les omissions ou abus pouvant émerger du réseau de la santé et des services sociaux. Donc, avant de proposer couper dans les organismes de défense des droits qui sont déjà très peu financés, il n'est pas futile de prendre le temps de regarder de plus près comment est géré cet important réseau.

Steve Leblanc

Directeur

Regroupement d'organismes de personnes handicapées de la Mauricie.

Karine Guillemette

Directrice

Regroupement d'organismes de personnes handicapées du Centre-du-Québec.

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