Garderies: non à la fraude

Parents, n'hésitez pas à aller faire un tour... (Photo: La Presse)

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Parents, n'hésitez pas à aller faire un tour à l'improviste à votre garderie.

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Le Nouvelliste

Ne me demandez pas si je suis surprise. Je suis plutôt étonnée que le gouvernement n'ait pas vu clair plus tôt!

J'ai moi-même écrit sur cette tribune, une lettre d'opinion, le 18 novembre 2010, dans laquelle je disais: «Plusieurs responsables de familles de garde refusent les familles qui ont des besoins à temps partiel. Cela signifie que des gens qui ont besoin de moins de cinq jours se voient contraints de réserver et de payer pour cinq jours.»

Ça fait quatre ans que j'en parle! Pourquoi, au gouvernement, tout prend toujours autant de temps? Ça peut bien coûter cher la gestion du Québec, on paye pour des gestionnaires qui ne gèrent pas et on paye pour des éducatrices qui n'éduquent qu'à moitié de leur capacité.

Le premier fautif, c'est le gouvernement qui a mis en place un système de garde qui, on doit le dire, était une idée extraordinaire, mais qui n'était pas prêt à être lancé. Pour les éducatrices, je vous dirais que l'occasion fait le larron. C'est comme si c'était elles qui signaient leurs chèques de paye! Bien tentant de tricher...

Mais attention, il faut faire certaines distinctions. Il y a une différence entre s'assurer un revenu de base et carrément abuser!

S'assurer un revenu de base

Demander aux parents de réserver le nombre de jours dont ils ont vraiment besoin et les payer, même lorsque l'enfant doit s'absenter. Ainsi, le parent paiera en fonction du nombre de jours réservés, selon ses besoins, de un à cinq jours par semaine. C'est ma méthode, «journées réservées, journées payées».

Sinon, les absences sont des revenus perdus impossible à récupérer. Et réserver la place d'un enfant qui n'est pas encore prêt à commencer tout de suite afin qu'il n'y ait plus d'inquiétudes quant au placement de l'enfant au moment du retour au travail. Pour ma part, je réserve mes places en septembre, pour tous ceux qui commencent à ce moment, ou plus tard en cours d'année. Je n'ai pas le choix, je n'ai pas les moyens de garder une place sans revenu. Si quelqu'un ne veut pas payer, je prendrai quelqu'un d'autre.

Carrément abuser

C'est obliger les parents à réserver cinq jours, peu importe leurs besoins. Certaines responsables n'accepteront pas votre enfant si vous refusez de payer pour cinq jours, même si vos besoins sont moindres. Les parents n'ont pas le choix, ils sont pris au piège. S'ils dénoncent, ils risquent de perdre leur place. Imaginez le nombre de places que l'on pourrait récupérer! Cessez d'en créer de nouvelles qui vont encore coûter cher! On en a déjà qui sont bloquées par la mauvaise gestion et l'abus de plusieurs responsables de service de garde en milieu familial.

Pour terminer, je voudrais inviter les parents à prendre les garderies en main en agissant comme inspecteur. Arrivez à toute heure, demandez à voir les lieux, le repas, discutez entre parents, questionnez-vous s'il n'y a jamais six enfants dans votre milieu qui est supposément complet! Dénoncez les abuseurs! Vous permettrez de rendre disponibles de nouvelles places sans frais supplémentaires et vous ferez économiser à tout un peuple une fortune.

Personnellement, je fonctionne de façon privée et je ne coûte pas cher au gouvernement (environ 15 à 18 $/jours/enfant en crédit d'impôt). Je pense sincèrement que tant qu'à avoir un système aussi mal géré qui coûte aussi cher, on devrait revenir au système privé. Et ne vous inquiétez pas pour la qualité, les meilleurs inspecteurs demeurent les parents vigilants!

Claudine Spooner

Éducatrice en milieu familial privé

Non subventionné Saint-Gérard-des-Laurentides

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