Une corde sensible

Belle solidarité autour des étudiants du Conservatoire de... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Belle solidarité autour des étudiants du Conservatoire de musique de Trois-Rivières.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

C'est à titre de président de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, mais aussi et d'abord en tant que citoyen de la Mauricie et amoureux de la culture québécoise que j'aimerais joindre ma voix à celles, nombreuses, qui ont exprimé leur désarroi devant l'idée d'envisager la fermeture du Conservatoire de musique de Trois-Rivières, fleuron de notre vie artistique régionale depuis pas moins de 50 ans cette année.

Si la ministre Hélène David se faisait rassurante, cette semaine, dans son refus d'entériner les conclusions auxquelles le conseil d'administration du Conservatoire de musique et d'art dramatique parvenait - à savoir de mettre sous clé les établissements localisés en dehors de Montréal et Québec - qu'on me permette néanmoins d'ajouter les quelques considérations suivantes, puisque les actions de la ministre concernant le redressement du déficit accumulé ne sont pas encore connues et que rien, donc, n'est encore joué.

Je passe outre à ma stupeur initiale d'apprendre que ces conclusions draconiennes émanent des conservatoires mêmes. N'empêche, quel choc de lire qu'on propose de colmater une fuite en se sabordant soi-même! Ce qui frappe d'autant plus dans ce dossier est qu'il semble tout à fait acceptable pour les administrateurs que ces fermetures soient appliquées exclusivement à l'encontre des établissements situés en région.

Qu'on se le répète encore une fois, et bien fort: les institutions de la culture sont absolument vitales dans tout écosystème régional, tant sur le plan culturel qu'économique. Leur pérennité fait bien davantage partie de la solution que du problème.

Je ne nie aucunement qu'un déficit de l'ampleur qu'on nous rapporte ici soit préoccupant. Maintenant que la ministre de la Culture et des Communications semble avoir pris le dossier en charge, j'espère attirer son attention sur l'importance du rôle du Conservatoire dans la formation et la rétention des acteurs culturels de demain en région. En sapant l'accessibilité - un mot pourtant cher aux libéraux, souvenons-nous du printemps 2012 - aux études musicales en région, on passerait un message troublant à notre jeunesse: pour oeuvrer en culture, c'est à Montréal ou à Québec que ça se passe.

L'indignation générale et spontanée qui s'est manifestée en écho à cette possibilité montre que l'on touchait là à une corde très sensible de la population mauricienne. Dans la foulée du cri du coeur que ce dossier a permis de faire entendre, on doit maintenant procéder à un exercice de raison qui se conjuguera avec nos valeurs de société et avec une vision à long terme du développement des régions. Ce faisant, c'est le besoin essentiel à toute société de se réaliser intégralement et de manière durable que l'on devra garder bien en tête.

Il ne me reste donc qu'à inviter la population de la Mauricie à demeurer extrêmement vigilante dans ce dossier et à continuer de témoigner aux étudiantes, étudiants et membres du personnel du Conservatoire de musique de Trois-Rivières leur si belle solidarité, touchante en ce qu'elle montre clairement l'attachement profond de la Mauricie pour sa culture passée, présente et en devenir.

Roger Kemp

SSJB de la Mauricie

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