Shawinigan exige son dû

Yves-François Blanchet... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Yves-François Blanchet

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Le Nouvelliste

Je connais la Mauricie depuis toujours par mes grands-parents, ma mère, celle de mes enfants, mes activités professionnelles et mon goût de tout le Québec. Shawinigan et moi nous nous sommes toutefois adoptés mutuellement depuis un an (j'ai eu une aide adorable) et je m'y sens traité comme un gars de la place. Je veux de tout coeur le bien de ma région et je m'y suis engagé il y a maintenant deux ans alors que j'occupais des fonctions très différentes.

Depuis, j'arpente Shawinigan et Grand-Mère, les boulangeries et la nature, les cafés et les garages, la Chambre de commerce et le Trou du Diable. Je ne vois pas une ville en détresse, aux abois, à genoux, espérant que le gouvernement se dresse en sauveur. Je vois une communauté forte, fière, besogneuse, innovante et qui, maintenant, tourne la page sur le dernier vestige d'une ère industrielle révolue. Il fallait passer par là.

On ne remerciera peut-être pas ceux qui se sauvent avec, en banque, la sueur de milliers des nôtres, mais tant pis! On regarde devant. Ce que Shawinigan doit exiger aujourd'hui du gouvernement, c'est qu'à son tour, elle profite de ce qu'elle a versé et investi au fil des décennies dans le développement du Québec.

Des centrales hydroélectriques nationalisées pour le bien commun, des forêts rasées pour bâtir la flotte britannique, construire capitale et métropole et imprimer des journaux, nos jeunes dont trop ne sont pas revenus des villes universitaires, des taxes et des impôts par dizaines de millions. Et du labeur.

Quand je regarde Shawinigan, je ne vois pas une ville désuète, mais une communauté prête à accueillir la PME de demain entre ses rivières et ses parcs. Je vois une jeunesse colorée et brillante qui rêve grand au centre-ville, lové dans les bras du Saint-Maurice. Je vois des aînés qui souhaitent à leurs petits-enfants la splendeur d'il y a un siècle. Je vois des milliers de travailleurs qui n'attendent que de se cracher dans les mains et produire, construire, réaliser et prospérer. Je vois un Centre d'entrepreneuriat qui fait tourner les têtes et un DigiHub dont le nom résonne jusqu'en Corée, en Allemagne ou en Californie. Je vois des entrepreneurs qui piaffent, exigeant qu'on leur fasse confiance. Non! Shawinigan ne doit pas demander, jamais quémander.

Elle doit à son tour réclamer une juste part de ce qu'elle a investi au Québec. Le dividende de ces succès québécois lui est aussi dû. Elle en appelle aujourd'hui le paiement sans gêne et sans regret. Le Québec le lui doit. Le samedi 27, Shawinigan, debout, tend la main pour qu'on y dépose son dû.

Yves-François Blanchet

ex-ministre péquiste responsable de la Mauricie

Shawinigan

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