Le diabète en héritage

Partager

Le Nouvelliste

L'auteur, André Grosleau, du secteur Grand-Mère, est un éducateur physique à la retraite.

Radio-Canada a présenté en décembre dernier une série de reportages de Diane Sauvé sur un problème majeur qui affecte une grande partie de la jeunesse québécoise: le manque d'exercice et l'obésité. Les études rapportées par madame Sauvé arrivent à la triste conclusion que le taux de diabète chez les jeunes va augmenter de beaucoup dans les prochaines années.

On pourrait bêtement conclure que nos jeunes n'ont qu'à mieux s'alimenter et à être plus actifs pour éviter d'être frappés par cette maladie sournoise et dégénérative qu'est le diabète. En tant qu'éducateur physique à la retraite, je suis resté estomaqué du peu de réactions à ces reportages.

Hélas! tout ça nous ressemble trop. Indifférence, je-m'enfoutisme, manque de mobilisation, tout ça fait que l'on regarde trop souvent passer le train. Pour plusieurs d'entre nous, le manque d'engagement devient une marque de commerce. On ne donne pas au suivant, on lui laisse une hypothèque.

En tant que parents, éducateurs, citoyens, membres d'un comité d'école, électeurs, il est de notre devoir de faire en sorte que des programmes et des mesures soient mis en place pour amener notre jeunesse à acquérir de meilleures habitudes alimentaires et à développer le goût pour l'activité physique.

Dans les années 90, je me souviens du t-shirt affichant le slogan «L'éducation, c'est aussi physique» que l'on portait pour sensibiliser les commissions scolaires à faire la juste place à l'éducation physique dans la grille horaire. Certaines initiatives dans des polyvalentes sont louables: sport-études dans certaines disciplines où l'étudiant a un nombre plus élevé de périodes.

Mais quand on constate que ces périodes s'inscrivent dans une grille horaire de sept ou neuf jours, on doit admettre que ce n'est pas de nature à développer le goût de l'exercice physique. Il serait préférable qu'une grille horaire, s'étalant sur cinq jours, consacre trois périodes à l'activité physique: deux pour la pratique et une pour la théorie.

Dans la partie théorique, adaptée au niveau scolaire, l'élève pourrait acquérir des notions d'anatomie et de physiologie, d'hygiène, d'alimentation, de premiers soins et de sauvetage: savoir comment est faite la machine humaine, connaître son fonctionnement et pouvoir assurer son entretien et sa maintenance.

Meubler l'esprit d'un individu peut l'amener à changer ses habitudes. Qui plus est, si la famille est partenaire avec l'école pour atteindre ces objectifs, les résultats se feront sentir peu à peu. Mais comment arriver à faire bouger les décideurs: commissions scolaires et ministère de l'Éducation? Par notre engagement individuel, par notre mobilisation collective.

Cessons de passer le relais au voisin. Ne nous contentons pas d'un feu de paille. Il y va de la santé de notre jeunesse.

Soyons prévoyants en investissant dans la santé de nos jeunes et en prévenant ainsi les maux provoqués par la malbouffe et la sédentarité.

Pour cette nouvelle année, prenons comme résolution de nous engager. Une société n'est jamais plus forte que l'engagement de ses membres.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer