Et finalement, où est le gros bon sens?

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Le Nouvelliste

En réponse à l'opinion de Jérôme Gagnon «Et puis finalement...» publiée mardi.

Si les droits de scolarité constituaient réellement un obstacle insurmontable à l'accessibilité aux études supérieures, il y a lieu, et même devoir, de les remettre en question. Cependant, la situation actuelle est loin d'être le cas.

D'abord, les droits de scolarité sont gelés depuis la dernière décennie sinon une minime augmentation de 100 $ par année depuis 2007. Mais l'accessibilité est davantage qu'un problème financier. N'y a-t-il pas plusieurs études démontrant une forte corrélation entre le niveau de scolarité des parents et la réussite scolaire d'un individu? Ou encore, la forte corrélation entre le niveau de scolarité d'un individu et son environnement socio-économique?

Paradoxalement, plus le revenu familial d'un individu est élevé, plus il est porté à poursuivre des études supérieures; l'inverse est malheureusement vrai et constitue un cercle vicieux duquel la lutte pour l'accessibilité aux études supérieures doit également se concentrer.

Ce n'est pas seulement que d'abaisser les barrières financières des études supérieures; encore faut-il encourager ceux qui sont dans les milieux socio-économiques moins favorisés d'opter pour les études universitaires, plutôt que la tentation de résultats plus concrets et plus rapides d'une formation professionnelle.

En ce sens, promouvoir la gratuité scolaire n'aurait pour effet qu'aggraver l'écart entre les riches et les pauvres: les premiers se trouveront à économiser davantage pour leurs études et à en retirer un plus grand bénéfice par la suite, tandis que les deuxièmes continueront à voir l'université comme une étape facultative à atteindre, un pari à «risquer», seulement lorsque l'on est pleinement assuré que la formation professionnelle rapporte moins.

Cette accessibilité est-elle synonyme d'un plus haut taux de diplômés?

Comme mentionné plus tôt, l'instauration de la gratuité scolaire n'est pas nécessairement synonyme d'un plus grand taux d'obtention des diplômes d'études post-secondaires. Regardons l'Allemagne, la Suède et les États-Unis: les deux premiers ont un système d'éducation gratuit, mais le premier y a renoncé il y a deux ans, et le second le remet sérieusement en question; quant au troisième, il est parmi les plus dispendieux.

En Allemagne, il y a 22 % des étudiants qui obtiennent un diplôme d'études post-secondaires; la proportion est de 37 % en Suède, et de 39% aux États-Unis. À titre de comparaison, au Canada, elle est de 54 %. Or, à la lumière de ces chiffres, où est le lien avec la gratuité scolaire?

Richard Lahaie

Trois-Rivières

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