Une année pauvre au plan des idées

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Le Nouvelliste

Entourloupettes fiscales des bien nantis, frais administratifs exorbitants des organismes de charité, salaires indécents des uns, primes de départ exagérées des autres, copinage, entrepreneurs véreux, fonctionnaires malhonnêtes, élus au passé trouble, coupables en liberté, fraudeurs de tout acabit, inconscients qui réclament la gratuité universelle, profiteurs, têtes croches à l'affût des failles du système, intolérants qu'agresse toute manifestation religieuse, que voilà des sujets qui ont nourri les manchettes dans la dernière année!

Quelle aubaine, pour des journalistes en quête de nouvelles, pour leurs lecteurs et leurs auditeurs, friands de scandales, de détails croustillants et de magouille! Quel pâle reflet cependant de notre identité!Il ne faut pas croire qu'il s'agisse là du portrait de notre société qui, dans sa grande majorité, est composée de gens honnêtes qui ont foi en notre système, même imparfait, qui ont le sens de l'honneur, qui croient qu'il faut investir dans l'éducation, pour qui le travail est gage de réussite, persuadés que la première responsabilisation est individuelle.

De solides citoyens, des employés dédiés à leur travail, des parents responsables qui, sans être des modèles tous azimuts, constituent les assises de notre société, ouverte, accueillante, travailleuse, démocratique et généreuse, des gens sans histoire dont la vie n'est ni un roman à l'eau de rose, ni un chemin de croix.

Des gens porteurs d'une responsabilité, qu'ils n'assument pas toujours pleinement, se cantonnant trop souvent dans un rôle de spectateurs passifs, alors qu'ils devraient témoigner, affirmer leurs valeurs, dispenser leurs connaissances, dénoncer l'inacceptable.

L'histoire nous en est témoin; la passivité, l'omission, la tiédeur motivées par la peur, l'indifférence, la démission, pavent la voie à la démagogie, à l'abus, aux dérapages de toutes sortes. Que les gens manifestent leur incompréhension et leur désaccord, que les points de vue s'affrontent, que les valeurs se confrontent, constituent l'expression d'une saine démocratie, dans la mesure où elle s'exerce dans le respect des lois et des individus. Tous, nous portons la responsabilité de bien nous informer, de réfléchir et de nous forger une opinion. Ensuite viennent les échanges, les plaidoyers et les actions.

En faisant table rase de ce qui existe, on dénature, on sacrifie l'esprit des choses et on risque fort de jeter le bébé avec l'eau du bain. La dernière année, portant mouvementée, s'est révélée d'une grande pauvreté au plan des idées et des pistes de solution en lien avec les problématiques soulevées. Nous avons été témoins de gestes absurdes, de propos oiseux et de comparaisons boiteuses, reflets de la bêtise et de l'ignorance. Ce sont les tombereaux vides qui font le plus de bruit!

Quand nous serons fiers de nos origines et de nos valeurs, quand nous aurons appris à structurer notre pensée, à exprimer notre point de vue de façon cohérente et articulée, à se parler, à s'écouter, sans s'injurier, sans se détester et sans chercher à se détruire, à cause de nos divergences d'idées, alors nous pourrons prétendre être «quelque chose comme un grand peuple».

Guy Laliberté

Sainte-Monique-de-Nicolet

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