La griffe à Beaudoin: Pour notre plaisir et leur martyr

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.... (Émilie O'Connor)

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Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.

Émilie O'Connor

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On s'en dit désabusé, mais on ne se lassera quand même pas d'en parler entre une bouchée de dinde et une autre de tourtière. La politique. Ça a été particulièrement vrai en 2012, avec des élections québécoises imprévisibles, qui ont changé le gouvernement, et ça le sera de nouveau en 2013 en raison de la tenue des élections municipales dans tout le Québec. Puisqu'ils en font tant pour attirer notre attention, on peut bien encore leur en accorder un peuen cette fin d'année.

Pour prévenir une glissade

À la veille de ce qui sera une année d'élections municipales, on pourrait souhaiter à l'impulsif maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, même s'il est atteint par moments d'intrigants accents zen, une solide paire de crampons. D'abord, compte tenu qu'il est toujours sur l'accélérateur, afin de lui éviter un dérapage hivernal dans l'escalier dit monumental au parc portuaire, ce qui lui épargnera de se retrouver dans la situation de plusieurs citoyens qui l'ont escaladé. Ça lui serait aussi utile en même temps pour parvenir à marcher à pas pressés sur les trottoirs résolument glacés du centre-ville qu'il fréquente assidûment. Ensuite, si au bout de sa réflexion qui le ferait hésiter en ce moment entre deux ou trois propositions d'affaires, il décide finalement de vouloir tester à nouveau la mairie, une bonne paire de crampons ne lui serait pas inutile pour résister à tous ces vents contraires qui ne manqueront pas de se lever et de souffler fort à la perspective d'un quatrième mandat de sa part. En attendant, pour ne plus qu'il se cherche un arbre pour ses soulagements urinaires, on pourrait lui offrir une toilette chimique portative personnalisée qui l'accompagnerait dans ses déplacements et le faire savoir à l'Infoman.

Joueur de fanfare?

Même si un adversaire politique l'a perfidement qualifié cette année de «joueur de fanfare», pour avoir déjà entendu Robert Aubin, le député néo-démocrate de Trois-Rivières, jouer de la musique et chanter avec les Trois-Quatre, c'est grossièrement injuste. Il n'est pas seulement capable de faire des boums-boums ou d'érailler une trompette. On peut dire de lui qu'il connaît la musique. C'est un talent évident qui lui sert en politique où on le découvre habile à jouer de toutes les cordes. On peut toujours s'étonner que cet homme au passé souverainiste affiché soit devenu si naturellement un député fédéral. On se surprend davantage à le découvrir de plus en plus député fédéraliste. On l'a constaté dans le dossier terre-neuvien de Muskrat Falls qui a fortement irrité le Québec. Un chantre du Canada. C'est décidément tout un virtuose.

La Madame

La petite perfidie dont Robert Aubin a fait les frais lui venait comme on pourrait s'en douter du clan de la Madame de Saint-Maurice-Champlain, Lise Saint-Denis. C'était peut-être bien mérité puisque Aubin avait réclamé sa démission après son vire-capot pour devenir députée libérale. Ce n'était sans doute pas nécessaire. La Madame est parfaitement capable de cultiver elle-même l'adversité, surtout à La Tuque où on se précipitait tellement à son ancien bureau pour la rencontrer qu'elle a choisi de le fermer, faute d'utilité. On va quand même souhaiter à Lise Saint-Denis une bonne santé et si elle parvient à une belle rémission du mal qui la ronge, un GPS pour lui permettre de découvrir tous les méandres de la rivière Saint-Maurice.

Le vent du nord

À La Tuque, le maire Normand Beaudoin caresse beaucoup de projets, dont celui de réembellir et de revitaliser son centre-ville. Souhaitons qu'il y arrive... dans l'enthousiasme général. C'est plus durable que le passage annoncé en mai pour les 12 heures d'endurance de La Tuque, des belles filles du magazine Summum, même s'il y a là-dedans des déesses qui vont assurément faire «caller» l'orignal à quelques vestes à carreaux. Le maire Beaudoin travaille fort pour insuffler une nouvelle vitalité à son étoile du nord. Il pourrait avoir les moyens de ses ambitions si le premier projet de la centrale hydroélectrique Manouan Sipi, en collaboration avec les Atikamekws, se réalise enfin. Alors, on pourra dire: Mikato mitina tato pipon kapatc tca nikamik. Cent ans et tout l'avenir devant.

Go!Go!Go! Ma petite Julie!

Depuis le 4 septembre, ce n'est plus «Wo!Wo!Wo! ma petite Julie», comme dans la chanson, mais «Go!Go!Go!». On a vraiment l'impression que de se retrouver dans l'opposition, et peut-être d'avoir par le fait même été dépouillée de son titre de ministre, ne fait pas vraiment tripper Julie Boulet. «L'écuyère» de Saint-Tite ne semble plus fonctionner qu'au petit trot. Peut-être faudra-t-il patienter jusqu'au congrès à la direction du Parti libéral. On peut penser que si c'est son poulain Pierre Moreau qui l'emportait, elle se remettrait au galop. Ils vendent de bonnes bottes chez G.A. Boulet auxquelles on peut attacher des éperons. Sans oublier qu'elle pourrait avoir un prix de faveur.

Au Kinipi

Si Julie est rentrée panser ses plaies électorales dans ses terres, on doit admettre que la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand a résolument délaissé son refuge du lac des Chicots, à Sainte-Thècle, pour occuper tout le terrain de Trois-Rivières. Dans son cas, sa réélection l'a plutôt dopée. Elle n'a eu de cesse de monter aux barricades, en particulier dans le dossier de la fermeture de Gentilly-2. On peut soupçonner la députée d'avoir profité du vide politique qui s'est créé dans une région laissée sans ministre pour se sculpter une stature politique qui la rendrait éventuellement comme incontournablement ministrable. Mais cette émergence soudaine peut épuiser. On lui conseillerait donc une bonne journée de relaxation au Kinipi.

Une extinction opportune?

Si Danielle St-Amand a monté le ton, c'est tout le contraire qui s'est produit chez la députée péquiste de Champlain. Noëlla Champagne. De nature si volubile, toujours en verve, elle a mystérieusement perdu lors du dernier remaniement de Pauline Marois la voix si haut perchée qui s'était faite entendre sur toutes les tribunes de presse à l'issue du premier remaniement où elle avait exprimé sa colère de ne pas avoir obtenu ne serait-ce qu'un petit siège de ministre déléguée au sein du nouveau cabinet. Elle en est devenue aphone. Pas rejoignable et pas de commentaires. Si dans son gouvernement, on lui a dit de prendre sa pilule, dans la région, on lui proposerait davantage des pastilles pour qu'elle retrouve cette voix qui était parfois, mais seulement parfois, de la belle musique à nos oreilles. On ne conçoit pas Noëlla autrement. Pour l'année qui vient, Pauline fais ta fine!

Trudellomanie!

Après tant d'années passées aux côtés de son prédécesseur Claude Pinard, Luc Trudel a eu avec lui tout un maître dans l'art oratoire populaire et les envolées intempestives, même si c'était parfois bassement partisan. C'est lui qui faisait la job de bras politique de Julie Boulet. Luc Trudel la fait maintenant à Danielle St-Amand. Lui aussi cherche à se sortir la tête du lot, bien que le lot péquiste soit plutôt court en Mauricie. Il lui reste à se trouver un sacre fétiche. Pour Pinard, c'était «étole». Qu'est-ce que ça pourrait bien être pour Trudel? Quelque chose de plus moderne au moins. En n'oubliant pas que c'est bien beau de se coller des notes dans son parti, mais qu'il doit aussi y avoir des retombées en reconnaissance dans sa place. Son ministre régional vénéré, Yves-François Blanchet, qui a l'oreille de Pauline, a «promis» que son gouvernement ne donnerait pas une cenne noire pour protéger la Laurentide. Julie avait au moins sacré et tapé du pied pour la préserver. Les gants de boxe, faut que ça serve. Sans quoi, pas de trudellomanie en vue.

Le baume shawiniganais

Il ne faut quand même pas laisser tous les problèmes à Michel Angers. Après avoir lévité toute l'année avec les succès retentissants de la Coupe Memorial et de la Finale d'été des Jeux du Québec, il risque d'en avoir plein les bras en 2013. Les lendemains sont parfois difficiles. On le voit avec les Cats. Ils ont remporté la coupe, mais ils traînent depuis dans la soute à bagages de la LHJMQ. Le maire Angers est quand même chanceux. La lune de miel avec ses concitoyens semble vouloir se prolonger jusque dans cette nouvelle année d'élection. Mais il n'aura pas de grande fête glamour à laquelle les convier en 2013. Il reste que si tout ne va pas trop mal, son affaire se présente bien. Mais qui sait? Même si on peut faire confiance à GDG Environnement pour neutraliser les insectes piqueurs de Shawinigan, il peut suffire d'un maringouin récalcitrant pour qu'une petite irruption électorale se manifeste. Mais s'il a été capable d'appliquer un grand baume sur sa ville, il devrait lui être facile d'effacer avec un peu d'onguent un petit bouton, s'il en sortait un.

Ruth

Depuis qu'elle s'est appliquée à devenir une bonne députée de Berthier-Maskinongé, on entend moins parler de Ruth Ellen Brosseau, Chacun reconnaît qu'elle a fait ses devoirs de présence dans son vaste comté et ce n'est pas seulement en envoyant des ta-ta à bord d'un vieux char au défilé du Festival de la galette de sarrasin. On sait même qu'elle a pris résidence dans sa circonscription. Ce n'est pas un voeu personnel, mais je sais que certains pensent qu'elle prendrait davantage racine si elle se faisait un chum dans le coin. Il y aurait bien des volontaires. Si évidemment ce n'est pas déjà fait. Là-dessus, la députée est réservée. Comme elle l'est avec ses tattoos finement imprégnés à la hauteur de la cheville. Un nouveau, plus visible, stimulerait peut-être les prétendants. Il faut souffrir pour être belle. Pas nécessaire qu'il soit orange, la couleur du NPD.

La révélation

La nouvelle mairesse de Bécancour, Gaétane Désilets, a peut-être été, à la faveur d'une élection partielle rendue nécessaire avec le départ de Maurice Richard, la révélation de l'année. Il n'y avait peut-être pas beaucoup d'attente au départ à l'endroit de cette conseillère municipale, certes très populaire dans son secteur de Saint-Grégoire, mais plutôt inconnue dans l'ensemble de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Avec l'annonce de la fermeture de Gentilly-2 qui a suivi de près son élection, elle n'a pas eu le choix de sauter sur la glace. On avait peut-être oublié que la glace, c'était un peu sa spécialité, elle qui est une grande sportive et qui a aussi dirigé, avec beaucoup d'efficacité, des équipes de hockey, jusqu'au junior AA de Bécancour. Elle ne craint pas d'aller dans les coins ou de vider le devant du filet, même en politique, où ça ne joue pourtant pas moins dur.

Droit de Cité

Il n'a pas fait de politique, même si l'idée l'a toujours démangé. Il n'a par contre pas son pareil pour harceler les politiciens. On ne va pas finir cette année sans souhaiter à Robert Trudel de reprendre la meilleure forme qu'il pourra pour la prochaine année. Oublions les souhaits de bonheur et de prospérité. C'est déjà acquis. Que la santé! Un voeu général. Et puis, comme un maire, il y a une Cité qui t'attend.

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