Churchill Falls: l'échec des principes du NPD

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Le Nouvelliste

C'est sans trop de surprise que les Québécois ont pris connaissance de l'annonce de la participation du gouvernement fédéral dans le projet hydroélectrique de Churchill Falls. Les conservateurs, qui ont clairement fait une croix sur le Québec, s'étaient engagés en campagne électorale à aider financièrement le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador dans l'espoir d'y faire des gains électoraux aux dépens des contribuables québécois.

Le financement fédéral à ce projet hydroélectrique est profondément injuste et inéquitable envers le Québec. C'est, ni plus ni moins, que de la concurrence déloyale envers Hydro-Québec, une société d'État que les Québécois ont mis des années à bâtir avec leurs propres taxes et impôts.

Ce qui a surpris, et manifestement ce qui choque les Québécois, c'est l'attitude du NPD dans ce dossier. Alors qu'ils avaient promis, au lendemain de la dernière élection, de veiller au respect des intérêts de la nation québécoise, il est navrant de constater qu'au cours des derniers jours, plusieurs députés québécois du NPD sont plutôt montés au front pour défendre... la position des conservateurs.

Ignorant commodément les deux motions unanimes de l'Assemblée nationale qui condamnent la décision du gouvernement fédéral d'accorder un soutien financier au projet du Bas-Churchill, les députés du NPD ont préféré soulever toutes sortes d'excuses bidon pour justifier leur position.

Ils ont, par exemple, allégué que ce mégaprojet était bon pour l'environnement et la lutte

aux gaz à effet de serre. Ils auraient dû savoir que c'est justement pour des raisons environnementales que la chef du Parti vert, Elisabeth May, a rejeté le projet!

Ils ont aussi tenté de faire croire que le Québec pourrait bénéficier à son tour de l'aide fédérale pour développer davantage son potentiel hydroélectrique. Le gouvernement conservateur n'a pourtant ni programme ni critères permettant de croire que d'autres projets bénéficieront d'un financement fédéral. Il est clair que cela relève d'un voeu pieux du NPD et que ça ne traduit pas la volonté politique du gouvernement en place.

Enfin, le NPD s'est défendu en disant que, s'agissant d'une garantie de prêt, l'argent des Québécois ne servira pas directement à financer un compétiteur d'Hydro-Québec. C'est faire abstraction que c'est en raison de sa santé financière, qui dépend des impôts et des taxes des contribuables du Québec, qu'Ottawa permet à T-N-L d'épargner un milliard en frais d'intérêts et que le projet va de l'avant.

Sans cette aide financière, le projet ne serait pas rentable et ne se réaliserait pas. C'est grâce au financement fédéral que l'électricité produite au Bas-Churchill pourra être revendue sur des marchés déjà développés par le Québec. Nul ne peut ignorer que cela aura un impact sur les profits d'Hydro-Québec et sur les finances du gouvernement québécois.

En défendant la décision des conservateurs d'accorder une aide financière déloyale et inéquitable au projet hydroélectrique du Bas-Churchill et en refusant de porter à Ottawa la voix de l'Assemblée nationale qui s'oppose catégoriquement à ce financement, le NPD a échoué à défendre les intérêts économiques des Québécois.

En cette période des Fêtes, il y a tout lieu de croire que, pour le NPD, les Québécoises et les Québécois sont les dindons de la farce.

Louis Plamondon

député de Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour

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