Grand luxe dans une ville très pauvre

Le Centre Bionest de Shawinigan.... (Photo: Ève Guillemette)

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Le Centre Bionest de Shawinigan.

Photo: Ève Guillemette

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Le Nouvelliste

Très peu de Shawiniganais savaient, non plus que leur maire d'ailleurs, que leur ville a reçu une subvention annuelle moyenne de 2 375 953 $ au cours des cinq dernières années, dans le contexte du programme de péréquation du gouvernement du Québec.

Merci à Guy Veillette du Nouvelliste de nous l'avoir appris. Un tel montant permet à Shawinigan de se classer au premier rang des municipalités bénéficiaires de ce programme qui s'apparente à du bien-être social municipal. Ce premier rang un peu gênant que personne ne souhaite est dû uniquement à l'état de pauvreté endémique que connaît la ville depuis plus de 30 ans.

D'aucuns auraient pensé que dans le contexte de la fermeture annoncée de l'Alcan en 2015 et de la fermeture malheureusement possible à court terme de la Laurentide, les sommes ainsi reçues auraient pu être déposées dans un fonds spécial servant à éradiquer la décroissance économique et démographique dans laquelle est empêtrée la ville depuis de trop nombreuses années.

Mais non. On attend bien paisiblement que les dates fatidiques de fermeture d'usines surviennent avant de quémander d'autres subventions à grands cris pour passer trop peu trop tard à l'action.

Certains pourront rétorquer que des programmes municipaux existent déjà à cette fin. Mais sont-ils suffisants? On en verra bien les résultats un jour.

Il est intéressant d'indiquer que les subventions de péréquation reçues correspondent à quelques milliers près aux coûts annuels payés par la Ville pour avoir le privilège d'héberger une équipe de hockey de la LHJMQ, soit environ 2 308 000 $ correspondant à l'amortissement annuel de la dette pour le Centre Bionest à hauteur de 1 578 000 $ (25 000 000 $ à 4 % sur 20 ans) plus les 730 000 $ en frais annuels d'exploitation.

Ces coûts comprennent les investissements additionnels de 1 500 000 $ liés aux estrades rétractables consentis par la Ville uniquement pour satisfaire aux «exigences» du groupe Mondou à l'époque, ainsi que les 20 000 $ annuels versés par la Ville pour la loge du maire dans un amphithéâtre qui lui appartient.

Ils ne comprennent pas cependant la subvention exceptionnelle versée au club à hauteur de 400 000 $ dans le cadre de la Coupe Memorial, ni les 3000 $ payés par la Ville, il y a moins d'un an, pour installer une toilette privée dans le bureau du directeur gérant, soi-disant propriétaire du club.

Certains pourront rétorquer que l'amphithéâtre a d'autres utilisateurs que les Cataractes. Je réplique à l'avance qu'un amphithéâtre d'une telle ampleur n'existe que pour satisfaire les exigences de la LHJMQ et que les quelques autres utilisateurs existants auraient pu continuer à exercer leurs activités dans l'ancien aréna Jacques-Plante rénové.

Michel Blanchet

Trois-Rivières

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