Une sortie déplacée

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Le Nouvelliste

La Coalition Proprio-Béton entend réagir à la lettre de Ronald Ouimet de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ qui répliquait à l'éditorial de Ginette Gagnon «Le procès retentissant».

Monsieur Ouimet a le culot de remettre en question les chiffres avancés par madame Gagnon concernant les coûts moyens de réparation de nos résidences affectées par la pyrrhotite. Il omet pourtant de mentionner que la GMN de l'APCHQ n'a pas respecté à plus d'une reprise ses propres engagements envers les bénéficiaires victimes de la pyrrhotite, notamment l'engagement donné par son ex-directeur général, Bruno Nantel, à l'effet de remettre les résidences dans l'état où elles étaient avant les travaux.

En agissant de la sorte, la GMN a bafoué le règlement en cette matière, son compétiteur, Qualité Habitation, assumant pour sa part le respect à la lettre de cette obligation tel que cela fut mentionné lors des premières séances du procès sur la pyrrhotite.

La GMN de l'APCHQ omet de faire état que plusieurs victimes ont été contraintes de débourser des milliers de dollars supplémentaires étant donné le constat d'échec du processus d'appel d'offres de la GMN qui n'a pas donné les économies d'échelle annoncées; bien au contraire, la surenchère dans les coûts de réparation des résidences étant plutôt au rendez-vous.

Monsieur Ouimet nous fait donc sursauter lorsqu'il évalue la valeur de remise en état des résidences entre 10 000 $ et 15 000 $. Comment peut-il arriver à de tels chiffres lorsqu'on constate les coûts importants de réfection des sous-sols, des aménagements paysagers, d'asphaltage, de pavé, de débranchement et de rebranchement, sans oublier les dépassements de coûts de la caution?

En avançant de tels chiffres, il nuit à la cause des victimes de la pyrrhotite dans le présent procès. Pour l'intérêt des victimes, la GMN de l'APCHQ devrait au moins avoir la gentillesse et le respect pour les victimes de demander à ses dirigeants et à ses représentants de se taire.

En ce qui concerne la non-couverture de fondations malades si les fissures n'avaient pas commencé à apparaître, la Coalition a été témoin de nombreuses situations où les résidences ont été mises sous surveillance par la GMN de l'APCHQ alors que les tests révélaient pourtant la présence de la pyrrhotite.

Il a fallu que la Coalition intervienne plus d'une fois auprès de la RBQ et des instances politiques pour faire débloquer de tels dossiers qui rendaient les victimes prisonnières de leur propre résidence et qui portaient atteinte à leurs droits, entre autres d'obtenir une réévaluation à la baisse de leur compte de taxes municipales, leur maison ne valant pratiquement plus rien.

Quant à l'opinion de madame Gagnon à l'effet que les plans de garantie ont failli à la tâche, elle a tout à fait raison.

Nous invitons simplement monsieur Ouimet à refaire une lecture attentive des centaines de courriels de plaintes que la Coalition Proprio-Béton a dû transmettre à la GMN, à la RBQ, à la ministre et aux députés en lien avec de nombreux problèmes rencontrés depuis le début de cette crise dans l'administration des plans de garantie.

Encore là, nous invitons monsieur Ouimet à faire preuve d'un peu plus de réserve et d'impartialité à l'égard de la responsabilité des intervenants dans ce dossier, un procès important pour les victimes étant en cours.

Ce sera au juge de décider qui sont les responsables, non pas à la GMN. N'oublions pas que la GMN s'est vu confier par le gouvernement du Québec la mission d'administrer les fonds provenant de primes entièrement versées par les acheteurs de maisons neuves, et qu'à cet égard, elle doit agir comme caution dans le strict intérêt de la protection des bénéficiaires de ce plan, rien d'autre. La GMN n'a donc pas à prendre position en faveur des entrepreneurs dans ce dossier.

Quant aux exigences de la qualité des matériaux avancées par monsieur Ouimet, la Coalition Proprio-Béton a de sérieuses réserves. Pour assurer une qualité sans faille des nouvelles fondations, seuls des prélèvements effectués au moment de la coulée du nouveau béton (en aval du processus) peuvent garantir des agrégats exempts de pyrrhotite.

Nous sommes d'avis que des tests aléatoires réalisés sur le site des carrières (en amont du processus) ne peuvent garantir à 100 % qu'un filon de pyrrhotite ne pourrait pas se retrouver un jour dans les agrégats du béton.

Yvon Boivin

Porte-parole de la Coalition Proprio-Béton

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