Des églises à conserver

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Le Nouvelliste

Mercredi soir, les élus de Shawinigan célébraient leur première décennie de ville fusionnée. Plusieurs centaines de personnes ont suivi les résultats d'un sondage généralement favorable à tous les aspects d'une belle ville. Dans l'ensemble, je joins mon appréciation au travail accompli. Cependant, à travers les années, les bâtisseurs ont laissé des structures qui, selon les cas, sont oubliées et disparaissent, sont protégées et rénovées, ou attendent encore leur déclassement ou leur reconnaissance.

La relance de Shawinigan, grande ville industrielle durant plusieurs décennies du siècle précédent. Quelques exemples: le Cascade Inn, le Laurentide Inn, le poste d'incendie de la 5e Rue, tous les trois disparus. L'ancienne aluminerie, l'Assemblée Hall, la Wabasso Coton restaurées avec une nouvelle vocation. Ce à quoi je veux en venir avec le troisième volet, celui que je place en attente de déclassement ou reconnaissance, ce sont les bâtisses religieuses.

À l'époque où les gens vivaient en communautés paroissiales, nous retrouvions à proximité de l'église tous les services pour animer la population: éducation, loisirs, commerces, et bien sûr religieux. Comme pour les caisses populaires, des églises ont disparu pour être démolies ou regroupées. Mais à travers l'ensemble de ces bâtisses, il y a comme des cadeaux que nos ancêtres nous ont laissés, comme un héritage à protéger pour illustrer les efforts d'économies et de valeurs qu'ils voulaient transmettre aux générations futures.

Un exemple qui illustre bien ce cas est l'histoire de la paroisse mère de Shawinigan, la paroisse Saint-Pierre avec son église sur la butte en plein centre-ville. Dans leur vision d'une nouvelle ville industrielle, les investisseurs voyaient grand. L'église Saint-Pierre fut imaginée et construite dans cette volée. Architecture remarquable avec Ludger Lemieux, décoration intérieure impressionnante avec l'artiste italien Guido Nincheri, avec les vitraux, les fresques et les marbres. Une capacité de plus de 1200 personnes, ce temple marque bien le legs que nos aïeuls nous donnaient en héritage. C'était presque dans l'ordre des villes européennes avec leurs cathédrales et leurs basiliques.

Là-bas, ce patrimoine bâti est protégé et valorisé. Peut-être que nos ancêtres projetaient leurs constructions dans cette dimension de patrimoine universel. Dans ce domaine, nous n'avons pas encore atteint cette échelle de valeurs. Pour avoir été impliqué dans la mise en valeur de l'église Saint-Pierre depuis plus de dix ans, je dois dire que le futur de cette belle structure n'est pas rose. Vous avez comme moi constaté l'impossibilité de la nouvelle paroisse d'assurer la restauration de l'église pourtant acceptée pour 70 % par Patrimoine religieux du Québec.

Un groupe se penche présentement sur un projet de regroupement de quatre églises à protéger et à mettre en valeur sur le territoire de Shawinigan. Il y aurait Notre-Dame-de-la-Présentation, l'église Saint-Pierre de Shawinigan, l'église Saint-Paul du secteur Grand-Mère et l'église Sainte-Flore. J'invite donc la Ville et le comité du patrimoine à poursuivre les démarches pour que ces églises soient conservées en bon état, en reconnaissance de nos prédécesseurs et également comme entreprises touristiques pour les visiteurs. Allez voir ces églises et vous direz comme moi qu'il faut les conserver.

André-Jean Bordeleau

Shawinigan

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