L'avenir du lac Bellemare nous préoccupe

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Le Nouvelliste

Lettre au maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude Mayrand.

Nous sommes des résidents du lac Bellemare et dès notre arrivée, nous tenions à participer à la protection de l'environnement du lac et de ses rives.

Nous avons pris connaissance de l'article du Nouvelliste du 1er septembre Les propriétaires ont d'ambitieux projets faisant état du projet de développement du camping du lac Bellemare. Il est question également, selon vos propos rapportés: «... que certains ont encore trop l'esprit de clocher à Saint-Mathieu-du-Parc». De plus, vous déplorez: «... qu'il y en a qui ne veulent pas que la municipalité se développe. Ils sont contre l'essor économique, alors ils nous mettent des bâtons dans les roues...»

Avez-vous pris la peine de vraiment les écouter et de comprendre leur situation particulière en rapport avec leur refus relatif au passage de fils électriques sur leurs terrains respectifs et des inconvénients à cet effet? Un maire, selon nous, se doit de représenter tous ses concitoyens et de les respecter.

Vous n'êtes pas sans savoir qu'un beau projet sur papier n'est pas nécessairement bon pour l'environnement. Dans les articles parus à cet effet, il n'est aucunement question de développement viable ou durable (vous référer à la réunion sur ce thème, tenue le 1er septembre dernier au centre communautaire) et de l'historique du lac qui nous tient tant à coeur. Vous et l'entrepreneur en question semblez ignorer ces données essentielles.

Peut-on blâmer les résidents du lac qui sont là depuis tant de générations, de chercher à protéger la réalisation de leurs propres rêves, en restaurant la santé du lac qui a été grandement fragilisée, notamment par l'industrie forestière? Pendant plusieurs décennies, des moulins en amont, à l'ouest, ont déversé sciure et copeaux de bois qui se sont accumulés dans le fond du lac.

Ces sédiments, qui ont un effet fertilisant, ont nourri les algues, réduit l'oxygénation du lac et nuit à son écosystème. En conséquence, le lac Bellemare a vieilli prématurément (en terme scientifique, il est en état d'eutrophisation avancée), et requiert donc des soins de longue durée et une attention particulière aux rives. Les efforts déployés en ce sens, bénévolement, pour revitaliser le lac commencent à peine à porter fruit.

À cet effet, les conséquences environnementales «du projet (du camping) qui doit contenir trois plateaux pour 500 terrains d'ici six à sept ans» risquent-elles d'anéantir ces efforts? Qu'en est-il de la capacité maximale de support du lac? Faut-il rappeler, ici, que cette année même, la présence de cyanobactéries a été relevée dans quelques lacs dont le lac Bill qui se déverse dans le lac Bellemare? Précisément dans le ruisseau situé entre les lacs Bill et Bellemare.

Vous semblez très préoccupé par l'essor économique de notre municipalité. Nous aussi, mais il faut considérer désormais et du même coup l'empreinte écologique de toute initiative, d'autant plus que depuis quelques années, le principe de précaution s'applique partout au Québec et ailleurs. À cet effet, le modèle de développement proposé ici ne correspondrait-il pas à une époque révolue?

Nous sommes surpris de constater qu'en 2012, un promoteur de la région ignore encore, ou choisit d'ignorer, les effets d'un développement sur l'environnement et la qualité de vie d'une partie de la population. D'autant plus que l'historique de l'industrie de la région de Shawinigan a fourni de nombreux exemples de retombées néfastes... Il ne suffit pas d'affirmer aimer la nature pour la comprendre et la servir réellement. Cela demande des efforts et des moyens, et chacun doit être mis à contribution.

Pourtant, la région regorge de spécialistes en environnement qui ne demanderaient pas mieux que de collaborer avec les promoteurs afin de réorienter les projets vers des initiatives à la fois écoresponsables et rentables. Ces interventions pourraient même devenir des exemples pour les autres municipalités.

Saint-Mathieu-du-Parc mérite d'être reconnue pour son ouverture face à un développement viable, et non pour ses guerres intestines.

Louise Vigneault, Émile Simard, Carole Darche, Charles Scaif, Michel Fugère, Raymond Barnabé, Jonathan Ricard, Andréa Wyrsch, Patrick Rasmussen, Marie-Claude Lavoie-Lacourse

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