N'oubliez aucune de vos promesses. Vous avez voulu réveiller les Québécois? Ils le sont. Ne les décevez pas, ne les décevez plus.
Vous voilà donc proche du rôle suprême. Désormais, vous devez savoir ce que les Québécois veulent: une plus grande justice sociale, un meilleur partage de la richesse collective, une gouvernance fondée sur l'éthique et la transparence, un système de santé et d'éducation accessibles à tous, le respect de la planète, de l'environnement et du développement durable, la promotion de la langue et la défense des intérêts et des valeurs du Québec face à Ottawa. Sans oublier des élections à date fixe afin d'éviter la répétition du scénario actuel qui ressemble davantage au jeu du chat et de la souris.
Les Québécois sont ouverts au changement, mais ils souhaitent y participer. Ils sauront être à vos côtés si vous les respectez et les écoutez lorsque vous prendrez des décisions en leur nom. Malgré la période estivale, vous voulez par vos discours réveiller les Québécois et les inviter à voter en grand nombre. Vous ne serez pas déçus, car depuis la crise étudiante, les Québécois se sont réveillés. Ne les décevez pas, ne les décevez plus.
Il faut que vous ayez des idées nouvelles, un vocabulaire nouveau et une manière de faire nouvelle. Autrement dit, pour séduire les Québécois, faites de la politique autrement! N'oubliez aucune de vos promesses et surtout, débattez des vrais enjeux sans faire peur au monde. Ce temps est révolu. Car, il faut le souligner, après deux référendums, les Québécois ont fait la démonstration qu'ils savaient débattre dans le calme et la sérénité de questions fondamentales pour notre avenir collectif.
Transformez vos promesses en actions concrètes en vous engageant à réaliser les plus significatives dans la première année de votre mandat. Et, dans cette foulée, afin de démontrer votre volonté de moderniser la vie publique, pourquoi ne pas vous inspirer de l'initiative prise par le président François Hollande en créant une commission de «rénovation et de la déontologie de la vie publique». Cette commission pourrait avoir comme mission d'étudier le financement électoral y compris municipal, la durée des mandats, l'accessibilité des femmes à la politique, la formation et la rémunération des élus et le mode de scrutin.
Et n'oubliez jamais que si le peuple a un pouvoir, le vote, entre les élections, il conserve son droit inaliénable à la liberté d'expression. Certes, les urnes offrent au candidat élu, une position, un rôle, un engagement, mais pas un titre à vie. Particulièrement au Québec dont la devise est Je me souviens, les urnes sont à la fois l'expression du choix, mais aussi une sanction ou un désaveu.
Merci de nous aider, par votre engagement dans la vie publique, à mieux construire l'avenir, le nôtre, celui de nos familles, de nos amis, de notre pays.
Claude Gélinas
Juge administratif à la retraite, Shawinigan