En été, les gens veulent avoir la paix. Ils font des activités plus pimpantes que de regarder des chefs de partis débattre de leurs visions du Québec, de leurs idées pour en faire un meilleur endroit et de leurs promesses électorales. Hélas, les cotes d'écoute du débat des chefs risquent de fondre comme un popsicle au soleil car en été, on ne va pas s'asseoir sur le sofa du salon pour regarder la télévision. Les gens vont donc voter pour le moins pire ou ils n'iront tout simplement pas voter, ce qui est déplorable.
Qui n'ira pas voter? Les jeunes, principalement, qui seront en pleine rentrée dans les cégeps et les universités malgré qu'ils soient le centre de l'enjeu de l'heure avec la hausse draconienne de plus de 75 % des droits de scolarité. Mais les personnes âgées iront voter, comme d'habitude, et ce sont elles qui sont plus ferventes de la sphère idéologique du libéralisme.
Une campagne électorale estivale rime avec une absence de campagne sérieuse. Jean Charest ne risque pas d'avoir à beaucoup défendre son maigre bilan et ne sera pas au coeur de scandale, la mémoire collective des gens étant plutôt courte. Rien n'est prévu pour leur rappeler les scandales de corruption, les audiences de la commission Charbonneau ne recommençant qu'à la fin septembre.
Avec les multiples annonces économiques qui sont enclenchées depuis un mois par le gouvernement, les gens vont se souvenir davantage de cette pluie de milliards qui va assurément pencher dans la balance lors du scrutin qui sera certainement en faveur des libéraux.
Espérons que nous, les étudiants, nous serons en mesure, par des moyens intelligents et inventifs, dans le respect de tous, de réveiller la population sur les aberrations de ce gouvernement.
Juste pour que vous saisissiez l'importance de ne pas voter pour les libéraux si vous vous souciez du bien commun et de la justice sociale, voici quelques scandales qui ont marqué le dernier mandat de monsieur Charest: le rapport de l'UPAC qui tisse des liens directs entre de généreux dons au PLQ et la corruption dans l'industrie de la construction et au niveau municipal, la privatisation de l'île d'Anticosti en vendant les permis d'exploitation pétrolière à Pétrolia et à Junex, les redevances du Plan Nord qui s'élèveront, selon les calculs libéraux, à 400 millions $ par année alors que les minières feront de 3 à 4 milliards $, une augmentation de la dette de 33 % en 9 ans, l'abolition de la taxe sur le capital ce qui avantage les mieux nantis, commandites dans l'attribution de places en garderies et pour les infrastructures sportives, la taxe santé de 200 $ qui n'est pas équitable, car un travailleur au salaire minimum paye le même montant qu'un milliardaire, etc. Il y a bien d'autres arguments de taille.
De grâce, lisez les programmes électoraux et analysez les enjeux électoraux à la lumière des solutions de chaque parti. Vous devez, le 4 septembre, avoir fait un choix éclairé en allant exercer votre droit de vote, et ce, même si vous êtes désintéressé par la politique. Dites-vous qu'un parti ne repose pas uniquement sur son chef; il faut regarder l'équipe derrière celui-ci, et voter aussi en fonction de cette équipe.
L'équipe libérale est prête, nous devons être prêts à voter autrement pour l'avenir du Québec. Il faut voter pour un premier ministre qui pense aux intérêts des Québécois et qui cherche à instaurer une justice entre les mieux nantis et les moins nantis. Nous, Québécois aimant la démocratie et la justice, devons, pour les prochaines générations, mettre les freins à Jean Charest avant qu'il ne perde encore davantage le contrôle de son volant.
David Richard
Trois-Rivières