Je trouve malheureux que d'emblée, vous considérez la chose politique comme un jeu sportif (Jean Charest 1, Pauline Marois 0). N'arrive-t-il pas souvent que le pointage ne dénote pas nécessairement comment la joute se déroule?
En lisant votre éditorial, vous semblez donner un point à un gouvernement pour sa seule gestion du conflit étudiant. Auriez-vous déjà oublié toutes les autres gaffes de ce gouvernement depuis 2003, gaffes qui nous ont coûté et nous coûtent des milliards de dollars à nous les contribuables? La Commission Charbonneau aura tôt fait de démontrer une grande partie de mon affirmation.
Depuis la dernière année, madame Marois a marqué plusieurs points, mais j'ai l'impression que vous avez mis le chapeau de Kerry Fraser pour ainsi lui refuser tous ces points comptés dans le but de monsieurCharest (Affaire Tomassi, Affaire Whissel, perte du comté d'Argenteuil, etc.).
Parlons du conflit étudiant. Je vous transmets une partie d'un texte de Laure Waridel (fondatrice d'Équiterre et du mouvement équitable à travers le monde) qu'elle a publié dans plusieurs médias.
Les porteurs de carré rouge, blanc ou noir que je connais ne sont pas dans la rue seulement à cause de la hausse des droits de scolarité. Loin de là. Ils y sont pour ce que cela symbolise comme choix de société. Ils croient encore en la valeur du mot «équitable», et pas seulement pour leur café.
Le gouvernement veut aller chercher 300 millions dans les poches des étudiants alors qu'en 2011, des allégements fiscaux de 3,6 milliards ont été accordés aux entreprises au Québec. D'autres milliards s'envolent dans des paradis fiscaux faute de rigueur et de volonté politique. Que dire ou penser du 25 % supplémentaire payé pour nos infrastructures? On ne s'étonne plus d'entendre parler de collusion et de corruption tant les cas sont devenus nombreux. Tout cela pour dire que les ressources, nous les avons. Il s'agit de choisir nos priorités.
Ainsi, la loi 78 aura été la goutte qui a fait déborder le vase, mais force est de constater qu'il était déjà bien plein. Les Québécois ont beau chérir la paix sociale, ils ne sont pas dupes. Les arguments économiques lancés par nos gouvernements, tant à Québec qu'à Ottawa, sont une insulte à notre intelligence.
Le choix de madame Marois est simple, au début du conflit étudiant, la cause ne portait qu'essentiellement sur les droits de scolarité. En ce sens, le port du carré rouge justifiait la prise de position du parti qui voulait d'abord un moratoire pour ensuite tenir des débats sur ledit financement des universités afin de trouver une solution plus acceptable que la simple imposition unilatérale d'une hausse des droits de scolarité.
Maintenant que le conflit a pris une tournure plus élargie que la simple problématique de la hausse des droits de scolarité, le port du carré rouge devient inutile. Y voir de l'hypocrisie est à mon sens abusif et tordu de la part d'un journaliste de votre trempe.
Le Parti québécois, par son programme, veut recentrer la population sur ces priorités exprimées par la société pour que celle-ci soit des plus équitables envers sa population et ainsi freiner l'écart toujours grandissant entre les riches et les moins nantis de notre société.
Pour terminer, je me permets cette métaphore que le «printemps érable» coule toujours et il bouille pour éventuellement nous donner le Québec qui est en chacun de nous.