Quelles règles de l'art?

Le Nouvelliste

En réaction à l'émission Enquête.

Je réagis seulement du côté de l'éthique journalistique. Le journaliste Alain Gravel n'était là que pour introduire le sujet. Pierre Marceau agissait à titre de réalisateur avec Hugo Lavallée, jeune journaliste de Trois-Rivières.

Nancy Sabourin, chef des services français de Radio-Canada/Mauricie, a affirmé que l'entrevue donnée par le maire Angers avait été réalisée dans les règles de l'art. Pourtant, ce ne sont pas les mêmes règles qu'a appliquées François St-Onge, directeur des communications de la Ville de Shawinigan et ex-journaliste, à en juger par son intervention, en coupant court aux questions du journaliste Hugo Lavallée. Ce passage télévisuel aurait dû être coupé au montage par le réalisateur, Pierre Marceau. Monsieur le maire s'est trouvé piégé; on l'a montré déstabilisé au profit d'un jeune journaliste.

J'ai été très choqué aussi de voir ce vieil homme déambuler lentement sur la 5e Rue, devant des commerces vides, et devoir en plus écouter ces vieilles rengaines d'une population vieillissante et appauvrie. Pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous, avec raison.

Pourtant, il aurait été si facile, en contrepartie, de nous montrer une ville qui se revitalise pour la fierté grandissante de ses citoyens. Au contraire, le journaliste Lavallée avait choisi la voie du sous-entendu, comme comble de ridicule, pour nous dire finalement: «Comment une population décroissante, vieillissante et pauvre peut-elle soutenir longtemps son équipe de hockey?»

Cette émission réalisée à Trois-Rivières ne passera certainement pas à l'histoire mauricienne. Alain Gravel d'Enquête nous avait habitués à beaucoup mieux.

Gilles Blais

secteur Grand-Mère

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