Étant moi-même native de La Tuque, j'ai dû composer avec cette réalité. Je n'ai pas trouvé ça facile. J'ai travaillé dur; six ans au PFK à 25, 30 heures par semaine (Cégep et bac) avant d'obtenir des bourses d'excellence en recherche (maîtrise, doctorat). J'en sortirai tout de même avec plus de 25 000 $ de prêts étudiants, et je n'ai pas changé de programme ni perdu de temps. Je n'avais pas d'auto, ni de cellulaire.
Il faut absolument comprendre qu'il y a différentes réalités étudiantes et que si l'on ne veut pas creuser davantage l'écart entre l'étudiant qui a la chance de vivre chez ses parents pendant ses études et celui qui doitquitter sa ville, il faut absolument dire non à la hausse des frais de scolarité.
Même un réajustement des prêts et bourses ne parviendra pas à contrer le découragement qui s'emparera de nos jeunes lorsqu'ils songeront que pour faire le métier qui leur plaît (si celui-ci nécessite des études universitaires) ils devront s'endetter beaucoup plus que j'ai dû le faire.
La contribution des parents sera également plus élevée, et elle l'est déjà trop si on la compare avec celle des parents d'étudiants des autres provinces canadiennes. L'aide financière, c'est merveilleux. C'est une belle réussite québécoise, mais c'est loin d'être parfait et beaucoup de parents n'arrivent pas à contribuer autant qu'ils le devraient, selon l'Aide financière, aux études de leurs enfants.
Pendant ce temps, les recteurs des universités du Québec crient au sous-financement. Mais qu'en est-il vraiment? Ne se sont-ils pas un peu amusés avec l'argent des contribuables, au point où même la ministre Beauchamp a dû intervenir, la semaine dernière, rappelant à l'ordre l'Université Concordia où la haute administration ne cesse de s'octroyer des bonus scandaleux?
Que penser aussi de l'Îlot Voyageur qui a englouti 500 millions $! Cela représente la gratuité universitaire pour tous les étudiants du Québec pendant un an! Avant de demander aux étudiants du Québec qui sont, pour la plupart, déjà lourdement endettés, le gouvernement doit exiger des administrations universitaires de gérer de façon responsable l'argent des contribuables.
J'ai voté pour une grève générale illimitée. J'ai accepté de me priver de mes cours que j'ai payés, car je refuse de me comparer aux pires en matière d'éducation (États-Unis) et je refuse de contribuer à couper les ailes de la prochaine génération.
Andréane Audy-Trottier
Trois-Rivières