Le modèle québécois: le juste milieu

Les étudiants de l'UQTR ont manifesté leur présence... (Photo: François Gervais)

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Les étudiants de l'UQTR ont manifesté leur présence en perturbant l'accès au campus.

Photo: François Gervais

Le Nouvelliste

D'aucuns sont d'avis que les manifestations étudiantes de 2005 et 2012 ne sont pas vraiment apparentées. Leurs objectifs seraient différents: l'une contestait les coupures dans le régime des prêts et bourses (surtout les bourses) et l'autre s'oppose à la hausse des droits de scolarité universitaires de 75% (dont l'aspect cumulatif a très mal été présenté dans les médias). Au contraire, ces combats sont tellement semblables! Tant à la base des débats de 2005 que de 2012, c'est l'accessibilité aux études qui est en cause.

À l'époque des contestations de 2005, la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CRÉPUQ) n'était directement ni gagnante, ni perdante. Aujourd'hui, se sentant davantage interpellée et appauvrie - parfois à la suite de mauvaises décisions de gestionnaires - elle demande aux étudiants de renflouer les coffres des universités, au risque de diminuer l'accessibilité aux études.

Il est dans l'air du temps depuis quelques années de trouver que les acquis de la Révolution tranquille ne sont plus adaptés à notre société... Lesquels devrions-nous rejeter en masse selon bien des politiciens, des lucides et des bien-pensants du gros bon sens d'aujourd'hui ? La santé et les services sociaux que plusieurs tentent de privatiser souvent insidieusement ainsi que l'accessibilité aux études post-secondaires (qui était auparavant inimaginable). Ces acquis sont à l'origine de l'amélioration des conditions de vie des citoyens du Québec. Mais pourquoi les remettons-nous en question?

Puisque ce sont les postes budgétaires qui sont les plus onéreux du gouvernement provincial. Mais est-ce la bonne raison? Il ne semble pas pertinent de couper dans des postes de dépenses dont nous entendons peu parler dans les médias (surtout les plus populaires), puisque ces postes sont «marginaux»... Il y a un parallèle à faire entre cet argument et celui où certains avancent que les riches sont si peu nombreux que les imposer davantage ne vaut pas la peine!

Quelles sont les priorités de notre société? Nous ne pouvons penser qu'aux Québécois de 2012... Alors que voulons-nous pour les prochaines générations? Que seuls les enfants issus d'un milieu socio-économique favorisé aspirent aux meilleurs postes, puisqu'ils auront eu accès à l'université? Les jeunes adultes désirant accéder à des études supérieures ne devraient être influencés que par leur potentiel et leur talent, sans égard au compte en banque de leurs parents.

Une société en santé et éduquée est un moteur de développement économique (l'argument financier étant si important), puisque qu'une des sources de cette croissance est l'augmentation du capital humain (en nombre mais aussi en qualité), alimentant du même coup la productivité si chère à tous les Lucien Bouchard de ce monde.

On a trop voulu polariser le débat, semant la confusion... D'un côté, les partisans du gros bon sens en faveur d'une hausse et pas nécessairement de celle de 1625 $. De l'autre, les «gogauches» s'opposant à toute hausse (prônant même la gratuité) plutôt qu'à celle de 1625$. Il y a un juste milieu entre le modèle scandinave ou français et le modèle anglo-saxon. C'était le modèle québécois.

Violaine A. Damphousse

Étudiante à la maîtrise et présidente de l'AGEUQTR en 2005

Enseignante au Collège Shawinigan depuis 2007 en histoire et politique

Caroline Dubuc

Enseignante au Collège Shawinigan depuis 1991 en économique et politique

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