Il y a un an, le premier ministre annonçait la mise en place d'un programme d'immersion en anglais en 6e année. Projet sensationnel, mais il y a un mais. Où sont les balises et les supports d'un tel projet? Le concret. Si ça échoue, et c'est certain que ce sera le cas, ce sont les élèves qui en feront les frais; les professeurs et les professionnels seront pointés du doigt, car ça prend un coupable. La grande question: est-ce que le cours primaire sera sanctionné par une promotion à rabais?
En fait, il s'agit ici de tenter de gaver les élèves de 5e et de 6e année en un an et demi et d'y ajouter cinq mois d'anglais. Dire que présentement les élèves du niveau primaire ont deux ans pour assimiler les matières et y parviennent difficilement. Qu'est-ce que ce sera en un an et demi? C'est 400 heures de moins. De plus, le français, qui est déjà une source inquiétante d'échecs, sera amputé de plus de 150 heures? On appelle ça l'art de torpiller une "excellente idée".
Une solution à proposer? Oui. On réintègre dans le système la7e année. Dire que cette proposition va régler tous les problèmes est utopique, mais ce sera un début.
Terminée la promotion automatique. Ça veut dire que l'on fait doubler? Pas nécessairement; au besoin, oui. Ça veut dire qu'on prend au sérieux un élève en échec, on intervient immédiatement et si nécessaire on le redirige selon ses capacités. Ça veut aussi dire qu'on force l'élève à s'impliquer dans son cheminement. Une pression, direz-vous? Ce n'est pas comme cela que ça se passe dans la vraie vie. Ce qu'on veut c'est le préparer pour la vraie vie, n'est-ce pas?
Pour meubler cette 7e année, je propose un bloc d'anglais de 12 périodes sous la forme de séances quotidiennes courtes et fréquentes durant toute l'année scolaire. C'est la meilleure façon d'apprendre une langue et de l'assimiler. Ensuite, un bloc de français de dix périodes avec l'accent mis sur l'habileté à écrire. Imaginez ce que ça va être quand les élèves sauront enfin écrire correctement et auront développé un schème de pensée cohérent. Il y a en ce domaine un rattrapage important à faire. Aussi, un bloc développement d'une période avec méthode de travail et éducation au choix de carrière et enfin un bloc d'éducation physique de deux périodes comprenant conditionnement et alimentation.
Que peut-on demander de mieux? Immersion en anglais, immersion en français et développement personnel.
Je suis retraité depuis 18 ans du monde de l'éducation. J'ai travaillé dans une école secondaire comme professeur, directeur adjoint et directeur. Le sujet m'intéresse toujours.
André Cossette
secteur Shawinigan-Sud