Nous profitons de la Semaine du développement international-SDI pour joindre nos voix à plusieurs organisations de coopération internationale et vous demander un retour à une réelle reconnaissance des organisations de solidarité internationale en tant que partenaires à part entière du gouvernement dans le dossier de la coopération.
En effet, depuis l'automne dernier, la direction générale des partenariats avec les Canadiens de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) applique une politique de financement concurrentiel qui tend à défavoriser les plus petites organisations et qui mine de plus en plus la cohésion dans le secteur.
Auparavant, le dialogue constant avec les fonctionnaires de l'ACDI dans l'élaboration et la mise en oeuvre des projets était basé sur une relation de confiance et permettait de faire valoir les objectifs et les besoins des partenaires des pays en voie de développement. Pour le Comité de Solidarité/Trois-Rivières, ces partenaires sont en Haïti, en Bolivie, à Cuba et au Mali. Aujourd'hui, ces projets de coopération doivent répondre à des objectifs et priorités du gouvernement canadien en place au lieu des besoins nommés par les partenaires du SUD. De plus, une part significative du financement de la coopération canadienne visait des activités de sensibilisation du public en reconnaissant qu'il faut faire connaître à la population les résultats des projets de coopération canadienne. Depuis la mise en place de la nouvelle politique à l'ACDI, l'éducation du public ne fait plus partie de l'enveloppe «coopération internationale».
Au Comité de Solidarité/Trois-Rivières, nous n'avons plus l'impression d'être traités comme des partenaires, mais plutôt comme de simples exécutants au service de la politique étrangère canadienne sur le terrain, sans considération pour notre relation de longue date avec l'ACDI, notre expérience et notre expertise, et non plus pour les relations profondes développées au cours des années avec des partenaires au SUD.
Au nom du CS/TR, et pour maintenir l'efficacité de la coopération internationale, nous demandons à l'ACDI de s'assurer que le financement qu'elle accorde se réalise en conformité avec la Loi sur la responsabilité en matière d'aide et respecte donc les obligations du Canada en matière de droits de la personne. Nous demandons aussi le rétablissement des modalités permettant aux OCI de soumettre des initiatives conformément à l'esprit de partenariat qui tire son efficacité de l'accompagnement à long terme, de la prévisibilité et de la sensibilité aux besoins de nos partenaires. Nous demandons enfin qu'on respecte et valorise l'autonomie des OCI dans l'élaboration des projets d'engagement du public.
Jean-Claude Landry
président
Denis Labelle
directeur général
Comité de Solidarité/Trois-Rivières