Tout le monde commet des erreurs et il y a des incompétents dans chaque métier et dans chaque profession. Si un plombier commet une erreur, il reprend sa job, mais si un intervenant en urgence en commet une, les dommages sont irrévocables. L'important est de trouver les incompétents et les mettre hors d'état de nuire à nouveau puisqu'il est impossible de revenir en arrière.
Étant infirmier à l'urgence, je côtoie ces hommes et ces femmes quotidiennement et je suis en mesure de constater le professionnalisme et le dévouement dont ils font preuve chaque jour. J'ai toujours pensé que les ambulanciers étaient les grands oubliés du système de santé.
Lorsque l'équipe médicale réanime une personne en arrêt cardiaque ou renverse les effets d'un infarctus ou d'un AVC, c'est toujours l'équipe qui est remerciée et on oublie souvent que pour sauver un patient ou renverser des séquelles permanentes, il a fallu que le patient soit amené à temps et que les manoeuvres nécessaires aient été prodiguées; et ça, c'est la tâche des ambulanciers.
J'ai le plus grand respect pour ces hommes et ces femmes qui, malgré des horaires incompréhensibles, risquent leur vie chaque jour en conduisant à très haute vitesse leur lourd véhicule dans la neige et le verglas. Ce sont des gens qui n'hésitent pas à sauter à l'eau pour secourir quelqu'un, qui s'organisent pour sortir les accidentés de façon professionnelle afin de leur éviter davantage de blessures, etc.
Souvent, on a amené des blessés de la colonne bien immobilisés sur leur matelas, avec un collier cervical, des blessés qui ont dû être opérés d'urgence pour éviter de devenir paralysés. Quand on les revoit sur leurs deux jambes quelques mois plus tard, chaque fois je me dis: mon homme, si tu marche encore, c'est que ce sont des professionnels qui t'ont extirpé de ton véhicule de la bonne façon et non un Ti-Joe connaissant qui aurait pu te sectionner la colonne.
Il serait injuste que les gens de Trois-Rivières n'aient plus confiance en leurs ambulanciers et paniquent si on leur dit que leur état ne nécessite pas d'oxygène, car ils ne sont pas responsables de ce qui s'est passé à Montréal. Ce sont des hommes et des femmes qui méritent notre admiration et nos encouragements afin qu'ils gardent leur bonne humeur et leur sens critique.
Je suis fier de les compter comme mes amis et comme collègues de travail. Ils méritent que l'on souligne leur apport au système de santé défaillant qui est le nôtre.
Jean-Noël Béliveau
Trois-Rivières