Gérard Deltell nous a promis de faire en sorte que les idées de l'ADQ soient respectées alors qu'à l'heure actuelle, les deux programmes se retrouvent en grande partie en zone grise pour ce qui est de la compatibilité.
Oui, on y retrouve un peu d'idées propres à l'ADQ, mais on n'y retrouve pas son âme, c'est-à-dire une vision qui prône les responsabilités et droits individuels de chaque citoyen québécois. À l'époque, notre parti avait trouvé un mot pour cela: l'autonomie. L'autonomie en éducation, en choix de service de garde, en santé, en environnement, des régions...
Le programme de la CAQ fusionné avec l'ADQ n'a rien d'autonomiste. Tout ce qui est prévu, c'est un transfert d'argent d'une poche vers une autre et aucun moyen de faire baisser le fardeau fiscal des Québécois afin qu'ils puissent choisir le service de leur choix n'y est envisagé. Le programme ne prévoit qu'en partie certaines résolutions adéquistes.
Prenons l'exemple de la possibilité de garder l'engagement adéquiste de donner aux familles québécoises 100 $ par enfant d'âge préscolaire ne fréquentant pas les garderies subventionnées. François Legault a mentionné que cette idée ne sera retenue que dans la mesure où il trouvera les fonds nécessaires. En cette période de restriction économique et son unique engagement de ne diriger le Québec que pour un mandat et d'y faire le ménage, ça veut tout dire. Pourtant cette politique du programme adéquiste était l'une des rares qui engageait des frais de l'État, puisque la majorité des autres permettent une meilleure gestion des finances publiques.
De plus, aucune trace de la réforme du système électoral que nous proposions, encouragés par monsieur Allaire, pour instaurer le vote proportionnel et celui du premier ministre au vote universel.
Mais à nos yeux, la position qui exprime davantage l'autonomie, c'est celle qui s'attaque à la réduction de la dette du Québec. Puisque celle-ci avale 40 % du budget provincial chaque année pour ne payer que les intérêts, il ne reste que 10 % pour financer tout le reste (la santé accaparant l'autre 50 %): écoles, transport, fonction publique, Régime québécois d'assurance parentale, garderies subventionnées et tous les autres programmes sociaux. La réduction de la dette et des intérêts à payer permettrait au Québec d'aider davantage les familles québécoises.
La trahison est préparée depuis longtemps. Pourquoi n'y a-t-il pas eu de conseil général cet automne? On ne voulait pas que les propositions préparées par la Commission politique voient le jour car celles-ci auraient pu empêcher la fusion. La Commission politique avait préparé un dossier complet et étoffé pour proposer des solutions à l'engagement du système de santé et à la meilleure gestion de celui-ci. Les propositions adoptées auraient contraint monsieur Legault à se positionner selon la volonté des militants adéquistes et il n'aurait pu régner en roi et maître sur le sujet par la suite.
La Commission politique est le coeur du parti. C'est elle qui propose et formule les résolutions apportées par les membres lors des conseils généraux. Si l'ADQ a toujours été considérée comme un laboratoire d'idées, c'est à cause de sa Commission politique. En rendant muets les membres de la Commission politique par l'annulation du conseil général, le national nous a fait faire un arrêt cardiopulmonaire.
Nous invitons les membres en règle de l'ADQ à voter contre cette fusion imposée et ainsi montrer au reste du Québec la force et la volonté de la base militante adéquiste. Malgré le fait que l'on veuille nous faire taire, il faut faire triompher la démocratie.
Karine Simard
Directrice du comité politique, communication de la Table régionale du Centre-du-Québec
Franco Baroni
Membre dans Johnson
Léonce Vachon
Membre du comité organisation de la Table régionale du Centre-du-Québec
Jaques Breton
Conseiller dans l'association de Drummond
François Picard
Président de l'association de Drummond et directeur du comité organisation pour la Table régionale du Centre-du-Québec
Noëlla Pellerin
Membre dans Arthabaska
Simon Boutin
Membre dans Arthabaska