Patrimoine naturel à préserver

Le Nouvelliste

C'est avec stupeur que j'ai appris le projet d'aménagement d'une mini-centrale hydroélectrique au Parc des chutes de Sainte-Ursule.

Je suis née et j'ai vécu pendant vingt ans dans la région. Enfant, j'ai parcouru maintes fois les sentiers du Parc des chutes. Adolescente, j'y ai été guide touristique.

À l'âge adulte, j'ai quitté la région pour étudier et pour travailler dans mon domaine, la gestion environnementale. Mais j'y reviens pour savourer et faire découvrir les beautés de la Mauricie à ma fille et à mes amis. Et le Parc des chutes est la destination que je donne en référence à quelqu'un qui veut visiter la région.

Ce site est unique et grandiose. Il est un des joyaux de la MRC de Maskinongé. De plus, c'est probablement une des dernières grandes chutes qui n'a pas été harnachée au nom du profit économique. C'est un lieu de ressourcement, de contact avec la force et la beauté de l'eau, de la nature et cela ne se chiffre pas en dollars.

Le terme développement durable, soutenable, a été grandement diffusé, discuté et utilisé, notamment dans les discours politiques. Or, construire une centrale électrique sur la chute ne va pas du tout dans le sens des notions de développement durable. Qu'en sera-t-il de la préservation du patrimoine naturel pour les générations futures? Est-ce que les retombées économiques sont vraiment durables? À qui cela profitera-t-il vraiment? N'y a-t-il pas d'autres possibilités de projets qui pourraient être davantage profitables pour la collectivité régionale, mais aussi provinciale?

Deux interventions publiées dans l'article «Rencontre d'information: ce qu'ils ont dit» m'ont particulièrement fait réagir. Tout d'abord, celle de Michel St-Yves, président du Parc des chutes: «Je suis président depuis 6 ans, ça fait 11 ans que je m'implique. On n'a jamais été capable d'amasser des sous pour sauver nos infrastructures. Hydro-Québec nous demande 25 000 $ pour faire réparer le parc, il faut trouver des moyens de financement.» Ainsi que celle de Réjean Carle, maire de Sainte-Ursule: «À part les taxes, nous n'avons pas la possibilité de percevoir de revenus additionnels, pourquoi nous en passer?»

Étant partie de la région depuis quelques années, il est vrai que je ne peux parfaitement saisir l'ampleur des difficultés. Mais j'ose tout de même suggérer quelques pistes de solutions, quelques innovations qui pourraient favoriser le tourisme, voir l'écotourisme, sur le site et favoriser l'apport de revenus économiques: un arbre en arbre, des soupers-spectacles, de l'agrotourisme incluant un marché public certains jours de la fin de semaine, du théâtre dans la nature, des offres de forfaits touristiques alléchantes, par exemple avec l'Écol'Hôtel K qui ouvrira prochainement à Trois-Rivières, une promotion axée sur l'écotourisme, des associations avec des groupes ou personnalités reconnues, le développement d'offres auprès des services de garde des écoles de la province, le développement d'un nouveau concept d'activités axé sur la créativité littéraire ou artistique...

C'est en partie cela le développement durable. Oser voir plus loin, oser créer au lieu de détruire. Oser rêver des possibilités non exploitées ou revisitées celles qui ont déjà existé et les bonifier. Mais harnacher ces chutes est une décision qui va à l'encontre du bien-être de la collectivité, de la nature et des générations futures. Alors, svp, osez rêver à un monde meilleur, à un monde plus écologique où la beauté de la nature, où la beauté de nos richesses naturelles sera préservée et non pas détruite.

Patricia Julien

Montréal

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