J'ai découvert qui je suis

Le Nouvelliste

L'auteure de ce témoignage, Thérèse Roy, est une ex-résidente de la maison Le Far qui offre soutien et hébergement aux femmes victimes de violence conjugale ou aux prises avec des problèmes personnels, familiaux ou conjugaux.

Je suis arrivée à la maison d'hébergement Le Far le coeur lacéré, en plein désarroi, triste, en colère, et confuse.

J'ai survolé les quelques beaux témoignages dans le cahier Reconnaissance. J'enviais le positif qui en ressortait. Je doutais du bien que le Far et les intervenantes pouvaient m'apporter. J'avais tant d'écheveaux à démêler et de points à travailler.

Rachel m'a été désignée comme intervenante. Après quelques jours, elle m'a demandé comment je me sentais. En colère et abattue.

Et je lui ai lancé: «Une grosse balle de laine tellement entremêlée et je ne trouve pas le boute...». Merveilleuse Rachel! Quelle aide précieuse! Quelle écoute attentive, positive, active. Elle a géré mes crises existentielles, a su trouver les bons mots, m'apporter aide et réconfort.

J'ai appris à respirer, à lâcher prise où je n'avais aucun pouvoir. Quand on s'abandonne, la tête s'incline vers le coeur.

J'ai pris conscience que j'existais, que j'étais importante, que j'avais des valeurs, des qualités, du potentiel. J'ai changé mes pourquoi en comment. J'ai compris que mon passé fait de moi ce que je suis devenue. J'ai découvert qui je suis.

J'ai retrouvé en toute modestie l'estime de moi. J'arrive à m'affirmer. J'ai su me donner de grands défis et arriver à les relever.

J'ai surmonté des peurs, malgré mes vertiges et mes angoisses. Tout ce travail, je ne l'ai pas fait seule. tre attentive à mes amies résidentes m'a fait découvrir mes forces.

Les intervenantes, par leur disponibilité, leur sourire encourageant, leurs remarques, m'ont aidée, même si je n'ai pas toujours été très ouverte à bien les recevoir. Pardon si j'ai blessé.

Les outils donnés par soeur Denise ont bien garni mon coffre. Les mercredis de l'enfance avec Lise ont permis de cicatriser de graves blessures. Les cours d'art, tant redoutés, ont été l'occasion d'extérioriser un mal d'être qui m'étouffait. Le temps passait et j'appréhendais d'être jetée hors du nid.

J'ai souvent eu l'impression de stagner, parfois de reculer. J'ai fini par accepter que le recul était nécessaire. Ce n'était pas des pas perdus. J'avais humé la bonne odeur sur le chemin, une première fois. Je savais qu'il existait. J'y accéderais à nouveau. Une fois retrouvé, j'ai avancé plus rapidement.

Parfois, je me suis découragée devant l'ampleur du travail à accomplir. Soeur Denise m'a conseillée de regarder les pas que j'avais faits au lieu de regarder la montagne à surmonter. Elle avait raison.

J'ai réalisé que plusieurs petits pas avaient été accomplis et même une enjambée. J'ai repris confiance en moi.

Je me suis «mise à nue» dans le bureau de Rachel. Je me suis intériorisée avec Lise et soeur Denise. Je me suis extériorisée avec les cours d'art de Monique. Maintenant, il me reste à trouver l'équilibre. À me faire plus confiance. À changer mes perceptions et à devenir ma meilleure amie.

Merci de m'avoir pris sous votre aile, du lever si gentiment personnalisé avec le café toujours prêt, au repas apprêté avec amour par Hélène et aux intervenantes de nuit qui ont veillé sur mon sommeil.

Les amies sont des anges qui nous soulèvent quand nos ailes ne se rappellent plus comment voler. Eh bien les anges de la maison Le Far ont été bien au-delà de ça puisque mes ailes avaient été rognées. On a su patiemment me guider vers la paix, la sérénité et une autre façon de prendre mon envol.

Merci à vous toutes d'avoir été un phare dans ma traversée de cette mer houleuse.

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