Tour du chapeau à la Maxime Plourde

Maître du 110 %, Maxime Plourde est préposé... (Photo: François Gervais)

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Maître du 110 %, Maxime Plourde est préposé à l'équipement chez les Cataractes.

Photo: François Gervais

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Toutes les équipes de hockey rêvent d'avoir un Maxime Plourde dans leur alignement. Fonceur, il n'a pas peur d'aller dans les coins. Tenace, il ne niaise pas avec le puck. Vaillant, il donne tout le temps son 110 %. Inutile par contre de chercher son nom dans le classement des meilleurs marqueurs. À vrai dire, vous ne verrez jamais Maxime au centre de la patinoire. Le gars est préposé à l'équipement des Cataractes.

Âgé de 30 ans, le Shawiniganais est un vétéran. De l'aréna Jacques-Plante au Centre Bionest, il est toujours là, fidèle au poste et apprécié de tous. Celui que tout le monde dans l'entourage des Cats surnomme affectueusement «Ti-Max» a ce petit quelque chose qui le rend attachant.  

La poignée de main ferme et le sourire timide, Maxime Plourde se présente à l'heure pile pour ensuite nous guider, silencieux et le pas rapide, dans les couloirs de l'amphithéatre dont il connaît tous les secrets. L'entrevue débute: une question, une réponse. Pas de flafla. Maxime s'en tient à l'essentiel, obligeant la fille en face de lui à cesser de parler pour deux et à chercher des émotions où il n'y en a pas.

C'est sans doute Claude Vallée, directeur des opérations des Cataractes, qui dessine le mieux le portrait du jeune homme. «Oui, Maxime est différent, mais il est avant tout une personne d'exception. Nous sommes très fiers qu'il soit associé aux Cats», soutient-il avant de préciser que les Patrick Lalime, Jason Pominville, Marc-André Bergeron et Guy Lafleur, pour ne nommer que ceux-là, se font toujours un plaisir de prendre des nouvelles du préposé à l'équipement lorsqu'ils s'arrêtent à Shawinigan.

Conscient de ses limites sur le plan des apprentissages et de l'adaptation, le jeune homme ne se laisse pas ralentir pour autant. Il assume sa différence comme il a accepté le diagnostic qui est tombé en 2008. Maxime souffre de la rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative qui entraîne une perte graduelle de sa vision. Concrètement, son champ périphérique rétrécit constamment. La situation peut s'aggraver jusqu'à la cécité.

Pour le moment, rien n'y paraît ou si peu. Maxime continue de faire le lavage des serviettes, bas, sous-vêtements et chandails de son équipe préférée. Durant les pratiques, il remplit les bouteilles d'eau des joueurs, passe l'aspirateur dans leur vestiaire, etc. En d'autres mots, le préposé voit à tout, même s'il doit se méfier des angles morts.

«Je dois faire attention à mes déplacements. Je me cogne plus souvent la tête», ajoute Maxime qui réagit comme il l'a toujours fait jusqu'à maintenant, en faisant face à la musique. «Ce n'est pas facile, mais je n'ai pas le choix. Et quand je viens à l'aréna, ça me change les idées», explique celui qui devient tout à coup très souriant en montrant sa bague de la Coupe Memorial remise à l'automne dernier à tous les membres de l'équipe 2011-2012, incluant le préposé à l'équipement.

Pendant les sept années où Éric Veilleux a dirigé les Cataractes, il a toujours su qu'il pouvait compter sur Maxime Plourde. «C'est quelqu'un qui ne mène pas de train et qui est extrêmement travaillant. Il connaît le hockey beaucoup plus que bien des gens peuvent se l'imaginer», fait remarquer le nouveau coach du Drakkar de Baie-Comeau.

M. Veilleux se souvient qu'en 2008, après un difficile lendemain de match, il s'était tourné vers Maxime pour lui demander son point de vue, sans jamais penser que le jeune homme allait lui répondre comme un expert. «En une minute, il m'a déboulé tout ce que j'avais vu derrière le banc!», raconte le coach encore surpris, d'autant plus que c'est à cette époque que les symptômes de la rétinite pigmentaire de Maxime ont été décelés.

Dès lors, Éric Veilleux ne s'est jamais privé pour demander l'avis de son préposé à l'équipement qui lui a toujours offert une réponse sensée. «Il connaît vraiment son hockey!», répète l'instructeur qui appréciait la compagnie de ce gars réservé, certes, mais capable de se réjouir d'une victoire comme de relativiser une défaite.

«Quand ça allait moins bien, on jasait avec Max puis la vie était plus belle», souligne-t-il avant de passer le combiné à Patrick Léonard, l'ancien patron de Maxime dans le vestiaire des Cats. À l'instar de Veilleux, Léonard a aussi pris la direction de Baie-Comeau.

«Je l'appelais mon boss!», lance M. Léonard qui décrit Maxime comme un gars super efficace quand on respecte sa routine. «Maxime m'a souvent fait gagner du temps», commente-t-il avant d'ajouter que son ancien bras droit est un véritable passionné des Cats, au point de passer toutes ses journées au Centre Bionest. «Les congés pour lui, ça n'existe pas», a constaté Patrick Léonard.

Nouveau capitaine des Cataractes, Frédérick Gaudreau parle du respect qui s'impose tout naturellement entre les joueurs et le préposé à l'équipement. Jamais il n'est question de sa «différence» ou de ses problèmes de vision plus ou moins connus des joueurs. Après tout, les serviettes sont propres, les bouteilles d'eau sont pleines et Ti-Max est là, discret, mais heureux de se joindre aux discussions.

«Il aime qu'on lui parle de la vie, des filles, de n'importe quoi! Même s'il est gêné, on sait que ça lui fait plaisir au fond», souligne le capitaine qui doit s'assurer que tous les joueurs contribuent au succès de l'équipe, à commencer par le plus effacé et courageux d'entre eux.

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