Son garçon brûlé sur 90 % de son corps: du cauchemar à l'espoir

La vie de Céleste Simard vient de prendre... (Photo: François Gervais)

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La vie de Céleste Simard vient de prendre un tournant dramatique. Courageuse, elle veut cependant être un exemple pour Célestin, 10 ans.

Photo: François Gervais

Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Lemieux) Céleste Simard ne s'explique pas encore ce qui a pu pousser son fils de 10 ans à allumer le poêle à bois avec un produit accélérant, si ce n'est que Célestin a, selon toute vraisemblance, mal interprété les paroles de son père. Avant de mourir du cancer, il y a deux ans, Simon Lecouteur avait chuchoté au petit garçon qu'il s'apprêtait à devenir l'homme de la maison.

Très tôt le 11 mars dernier, ce dimanche matin où nous devions avancer l'heure, toute la maisonnée du Chemin de l'église, à Lemieux, était plongée dans le sommeil. Sauf Célestin qui s'est donné la permission de prendre les choses en main en descendant au sous-sol pour réchauffer la demeure.

C'est du moins la seule explication à ce jour de sa mère qui a été brusquement réveillée par une détonation suivie de l'alarme stridente du détecteur de fumée. Le temps de bondir du lit et d'atteindre la cuisine,  une vision cauchemardesque l'attendait: celle de son fils en flammes, les yeux hagards, incapable de s'arrêter de marcher, péniblement, autour de la table. Le choc.

Célestin n'a pas que le prénom quasi identique à celui de sa mère. Ils ont aussi les mêmes yeux et le même sourire. De son père, le garçon a hérité de sa curiosité, de ses aptitudes manuelles et de sa débrouillardise. «Quand il était petit, il a déjà mis de l'eau dans la tondeuse à gaz en nous disant qu'elle allait marcher pareil! Il a fallu tout nettoyer», raconte-t-elle en riant.

Le matin du 11 mars, Célestin a peut-être fouillé là où il ne devait pas, ou pensé bien faire en voulant aller plus vite, ou imiter des gestes paternels... Mme Simard l'ignore. «Qu'est-ce qui est arrivé? Je ne sais pas. Le feu n'était pas dans le poêle à bois, mais sur lui», répète-t-elle à tous ceux et celles qui lui posent la question. La réponse viendra peut-être un jour, mais pour l'instant, la femme est impuissante devant son fils qui ne sait pas encore que sa vie est bouleversée à jamais.

Célestin est brûlé au troisième degré sur 90% de son corps. Seuls les pieds et une partie de son visage n'ont pas subi l'assaut du liquide inflammable. Actuellement aux soins intensifs de l'Hôpital Sainte-Justine, à Montréal, l'enfant a été plongé dans un coma artificiel dans les heures qui ont suivi l'accident. Six semaines plus tard, il est toujours inconscient. Les souffrances corporelles seraient impossibles à tolérer sinon.

Les marches en prélart sont noircies par les fragments des manteaux qui ont pris feu. En remontant au rez-de-chaussée, Célestin aurait eu le réflexe de se rouler dans les vêtements accrochés dans la cage d'escalier. Le garçon était encore en flammes quand sa mère l'a rejoint dans la cuisine. «J'ai fini de l'éteindre avec une robe de chambre et j'ai appelé le 911. Mais j'en oublie peut-être des bouts... J'ai perdu les pédales», dit-elle avec une humilité bouleversante.

Pendant tout ce temps où les secondes semblent s'arrêter ou s'accélérer d'un seul coup, on ne sait plus, Célestin est resté conscient. Il l'est demeuré pendant toute la durée de son transport en ambulance jusqu'à l'hôpital l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska, à Victoriaville. En route, le cellulaire de Mme Simard a sonné. C'était Antoine, sept ans, qui venait de voir son grand frère quitter la maison sur une civière.

«Célestin, il est vivant ou il est mort?», a demandé le petit garçon sans détour, laissant sa maman sans mot.

À son arrivée à Sainte-Justine où Célestin venait d'être transféré, Mme Simard a été confrontée à la pire des réponses. «Des médecins sont venus me dire qu'ils ne savaient pas si mon garçon allait s'en sortir. Il pouvait mourir. Le risque était très élevé. Les prochains jours allaient être déterminants», rapporte Mme Simard qui n'oubliera jamais cette première fois où elle a vu son fils intubé de partout, enflé des pieds à la tête en raison de la grande quantité d'eau qu'on a dû lui injecter dans le corps déshydraté par le feu et la fumée respirée.

Le mercredi suivant, sans qu'elle puisse dire pourquoi, la maman a toutefois su au plus profond d'elle-même que son fils allait s'accrocher. La suite lui donne raison.

«Il est fait fort. S'il y en a un qui peut passer au travers, c'est lui», affirme la maman qui rêve du jour où elle pourra prendre Célestin dans ses bras. Elle sait trop bien que ce n'est pas pour demain cependant. Son garçon demeure dans un coma artificiel pour le préserver des douleurs atroces, mais aussi pour le maintenir immobile et favoriser la cicatrisation de son corps qui a commencé à recevoir des greffes cutanées.

«Le changement de ses pansements doit se faire en salle d'opération, il y en a trop», laisse tomber Mme Simard qui fait plusieurs fois par semaine des aller-retour entre Montréal et Lemieux où la vie continue. Veuve depuis deux ans, cette mère de deux garçons est aussi conseillère municipale. L'élevage de chiens constitue son principal revenu. La femme ne cache pas que les frais de déplacement sont élevés. Et il est encore trop tôt pour savoir la durée du séjour à Montréal, mais une chose est certaine, on parle de plusieurs mois d'hospitalisation et de réhabilitation.

C'est la raison pour laquelle Guylaine Crochetière a décidé d'intervenir. Bénévole à Lemieux, la dame a sollicité l'aide des membres de sa communauté qui ont répondu avec empressement à cet appel de solidarité pour Céleste et Célestin. Une somme de plus de 5500$ a été remise à la maman du garçon au cours des derniers jours. «Un réseau d'anges gardiens s'est formé autour de moi», constate MmeSimard avec reconnaissance.

Les personnes qui souhaitent faire un don pour l'aider à être le plus souvent possible au chevet de son fils Célestin peuvent communiquer avec Guylaine Crochetière (819 367-2143).?

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