Il y a également eu Isabelle, qui voulait une maison de poupée aussi grande qu'un cabanon dans la cour arrière de sa maison. Sans oublier Christian, qui a demandé un poney pour se balader. Idéalement, il voulait une femelle, avec une crinière brune.
Audrey, elle, s'imaginait très bien en train de danser et de chanter devant son système de son, le meilleur sur le marché. Kevin, un ado, a fait de la plongée en apnée à Hawaii et survolé des volcans en hélicoptère. Andy? Les portes du magasin «Toys r Us» se sont ouvertes uniquement pour lui. Le garçon n'avait qu'à pointer du doigt le jouet désiré pour que le joujou se retrouve dans le panier.
Il n'y a pas de prix au bonheur, surtout lorsqu'il sèche des larmes. Un enfant souffrant qui s'agrippe à son rêve, c'est un garçon ou une fillette qui vit d'espoir et guérit un peu.
Depuis cette première rencontre avec Simon, en 1992, le couple du secteur Gentilly, à Bécancour, a aidé 37 enfants et autant de familles à se laisser porter par l'enchantement malgré le drame qui se jouait devant leurs yeux.
Bénévoles depuis vingt ans au sein de la Fondation Rêves d'enfants, Réal et Diane Proulx auront permis à des tout-petits comme à des adolescents de s'accrocher à la vie. Ils souhaitent maintenant passer le flambeau pour prendre soin de leurs propres enfants de qui est né leur désir de donner au suivant.
Réal et Diane Proulx connaissent trop bien le sentiment d'impuissance qui accable un père et une mère incapables d'enlever l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de leur famille.
Le couple de retraités a deux filles et un fils: Stéphanie, 36 ans, Dominique, 32 ans, et Jean-Sébastien, 28 ans.
Dominique et Jean-Sébastien sont atteints de l'ataxie de Friedreich, une maladie dégénérative du système nerveux et du coeur. Le diagnostic est tombé à quelques mois d'intervalle, sans appel. Le frère et la soeur fréquentaient l'école primaire.
Rapidement, les deux jeunes patients du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke et leurs parents ont été référés à la Fondation Rêves d'enfants dont la mission consiste à faire oublier l'inquiétude et la douleur, et ce, le temps d'exhausser un voeu.
Dominique et Jean-Sébastien répondaient - heureusement ou malheureusement, allez savoir! - au principal critère d'admissibilité de l'organisme. L'ataxie de Friedreich fait partie de la liste «des maladies à risque élevé qui menacent la vie»...
C'est Dominique qui, la première, a pu réaliser son rêve d'enfant. C'était au début des
années 90. Alors âgée de 10 ans, la fillette avait exprimé le désir de visiter le monde merveilleux de Disney avec les siens. Deux ans plus tard, son frère Jean-Sébastien a eu droit à une sortie VIP au coeur de l'ancien Forum de Montréal, en compagnie des joueurs du Canadien.
«Rêves d'enfants permet à toute la famille de vivre un répit, d'avoir droit à de vraies vacances. C'est un temps où tu ne parles pas de la maladie. Tu oublies tout», décrit le couple qui aurait pu s'effondrer en apprenant que deux de ses trois enfants auraient une vie gravement hypothéquée.
«Nous avons eu la chance dans notre malchance d'être capables de vivre avec la maladie, de partager notre expérience à d'autres personnes et de leur dire que la vie continue», explique M. Proulx. Diacre, il convient que sans la foi, lui et son épouse n'auraient jamais passé à travers tout cela. Ils se sont plutôt fait un devoir d'être plus forts que la maladie en se servant de la seule arme qu'ils avaient sous la main: l'amour pour leur famille et tous les enfants malades.
Après avoir assumé la coordination de la Fondation Rêves d'enfants sur le territoire Nicolet-Bécancour-Yamaska, Diane et Réal Proulx peuvent témoigner de la magie de Disney quand l'enfance est mise à rude épreuve. Parmi tous les tout-petits qu'ils ont pu accompagner en vingt ans, plusieurs ont exprimé le souhait d'embrasser Mickey, de donner la main à Blanche-Neige ou de rire à gorge déployée devant les pitreries de Goofy.
Son mari ajoute que ces fillettes et garçons veulent tout simplement rencontrer des personnages qu'ils ont appris à connaître à force de les voir sur les murs de l'hôpital Sainte-Justine, leur deuxième maison. Pour certains, être en présence de leurs héros leur a donné le courage de continuer à se battre.
Les Proulx affirment qu'il n'y a plus rien de pareil après avoir accompagné des enfants dans la maladie et dans la réalisation de leur rêve. Leur détermination est contagieuse.
C'est le message que Diane et Réal Proulx souhaitent transmettre aux personnes qui accepteront de poursuivre leur mission au sein de la Fondation Rêves d'enfants. Certes, les futurs bénévoles doivent s'attendre à mettre du temps et de l'énergie.
Réaliser le rêve d'un enfant implique de mobiliser sa communauté pour recueillir les fonds nécessaires. Le couple passe le flambeau, mais se propose d'agir à titre de conseillers. «Quand on rencontre les parents pour leur dire que nous allons réaliser le rêve de leur enfant, c'est comme si nous leur disions que c'est encore possible», souligne Diane et Réal.
Les personnes intéressées à relever un tel défi sont invitées à communiquer avec eux par courriel à l'adresse suivante: diane.proulx@cgocable.ca.