Mort d'un travailleur à la ferme Pittet: les fondations mises en cause

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C'est sous ce bâtiment de ferme que César Ariel Garcia Garcia, un travailleur guatémaltèque de 34 ans, a perdu la vie en février.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ce n'est pas le poids de la neige qui a causé l'effondrement d'un bâtiment de la ferme Pittet, en février dernier, causant la mort de César Ariel Garcia Garcia. Le travailleur du Guatemala est mort en raison d'un vice de construction des fondations du bâtiment qui n'offraient pas la retenue latérale suffisante pour supporter la masse de la structure métallique et de la neige.

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Mario Gosselin, directeur de la prévention et de l'inspection, et Mathieu Vermot, inspecteur, ont présenté jeudi les conclusions du rapport de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail concernant l'effondrement mortel survenu à Saint-Tite en février.

François Gervais, Le Nouvelliste

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César Ariel Garcia Garcia

Le rapport publié jeudi par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) est clair. Malgré la présence d'une couche de 69 cm de neige sur la bâtisse qui s'est écrasée, ce n'est pas ce facteur qui a causé le drame.

«Une conception des fondations tenant compte des charges latérales à supporter aurait permis d'éviter l'effondrement du bâtiment. Les fondations ont un rôle de retenue latérale pour que le bâtiment se tienne debout», constate Mathieu Vermot, l'inspecteur responsable de ce dossier.

La CNESST a fait appel à une firme de génie-conseil pour comprendre ce qui s'est passé. Le poids de la neige a été mesuré et la structure d'acier du bâtiment offrait une résistance supérieure à cette charge. Lorsqu'on prend en considération la conception des fondations, la bâtisse n'offrait plus la résistance suffisante pour supporter le tout.

D'ailleurs, l'effondrement aurait pu se produire bien avant cette année.

Un des premiers signes de l'effondrement a été le bris d'un tirant reliant les chevrons à l'intérieur de cette bâtisse de 5850 mètres carrés. Ce bris est survenu peu de temps avant l'effondrement: les murets des fondations ont versé vers l'extérieur en raison du poids de la structure, alors qu'ils auraient dû demeurer à la verticale.

Des fondations plus profondes ou mieux remblayées auraient créé la force de retenue nécessaire, selon l'inspecteur.

Le 22 février 2017, des travaux de réaménagement étaient en cours dans la bâtisse qui s'est effondrée. Six travailleurs s'affairaient notamment à déplacer des morceaux de béton cassé de la dalle. Ces travaux n'ont aucun lien avec l'effondrement, la dalle de béton étant indépendante des fondations. Cinq des six travailleurs ont quitté le bâtiment durant la journée, alors que César Ariel Garcia Garcia poursuivait ses tâches. L'effondrement s'est produit à 13 h 35.

César Ariel Garcia Garcia n'a pas survécu à cet accident. Son corps a été découvert environ 26 heures plus tard après que d'intenses recherches eurent été menées dans l'espoir de le retrouver vivant.

Affirmant ne pas rechercher de coupable concernant la construction de cette bâtisse qui a eu lieu au milieu des années 1990, la CNESST avisera toutefois l'Union des producteurs agricoles des conclusions de son enquête afin d'éviter un autre drame du genre.

Même si le poids de la neige n'est pas la cause de l'effondrement, la CNESST recommande de vérifier l'épaisseur de celle-ci sur les structures. L'évacuation habituelle de la neige des toitures de tôle a été compliquée cette année par la succession de tempêtes de neige et d'épisodes de redoux, créant une croûte de glace.

De plus, l'organisme rappelle aux employeurs l'importance de faire vérifier la structure et les fondations de leurs bâtiments lors de la modification de la structure de ceux-ci, de l'ajout d'un équipement sur un toit ou de la construction d'un bâtiment adjacent en surplomb.

Un bon rapport

Coroner au dossier, Yvon Garneau estime que le rapport de la CNESST est complet.

«C'est un rapport fouillé, étoffé. L'expertise est claire. Je ne suis pas surpris de la conclusion: déjà, dans les premières heures, on s'en allait vers des problèmes de solidité de structure. La neige et la pluie ont contribué à l'effondrement. Si on refaisait la structure aujourd'hui, on procéderait autrement», raconte le coroner à propos de ce rapport qui a été communiqué via interprète à la veuve de César Ariel Garcia Garcia avant d'être rendu public.

Maintenant que le rapport de la CNESST est connu, Yvon Garneau s'attarde à rédiger le sien. Il ne peut révéler la teneur des quelques recommandations qui seront contenues dans son rapport, car il est encore à l'étape embryonnaire de son travail de rédaction.

Le coroner Garneau souhaite que son rapport soit rendu public d'ici le mois de décembre.

Par ailleurs, Le Nouvelliste n'a pu obtenir les commentaires des propriétaires de la ferme Pittet.




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