William Labranche déclaré coupable

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William Labranche

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(Trois-Rivières) Le verdict tant attendu du juge Jacques Trudel vient d'être rendu: William Labranche a été déclaré coupable des crimes les plus graves qui lui étaient reprochés en lien avec des sévices physiques et sexuels infligés à deux femmes.

Au terme d'un procès qui s'était étiré sur trois semaines au palais de justice de Trois-Rivières, le juge a conclu vendredi que Labranche s'était en effet livré à des agressions sexuelles armées, des agressions sexuelles causant des lésions, des voies de fait armées, des voies de fait simples, une séquestration, des menaces de mort, un méfait, diverses infractions en lien avec la possession et de trafic de stupéfiants et enfin, à une conduite dangereuse. 

Dans cette affaire, les faits reprochés au jeune homme consistaient en des relations sexuelles hors normes dégradantes, d'une grande violence et quelquefois sadiques qu'il a eues avec les deux jeunes femmes entre 2011 et 2015. L'une avait 19 ans alors que l'autre 20 ans. On parle ici de fellations profondes, relations anales et vaginales d'une grande violence, utilisation de jouets sexuels, de fouets, de liens, de vibrateurs et même de nourriture, étranglement et claques. 

Dans la majorité des cas, ces relations se déroulaient sous l'effet de stupéfiants que le prévenu donnait aux victimes.

Pour la première victime avec qui il a entretenu une relation amoureuse, les événements se sont étirés sur quelques années alors que pour la seconde, ils n'auront duré que deux semaines environ. C'est d'ailleurs à cause des gestes perpétrés à l'encontre de cette dernière que Labranche avait été arrêté le 20 avril 2015 au Tim Hortons alors qu'il s'en prenait violemment à elle pour la ramener dans son véhicule. 

Le litige dans cette affaire portait principalement sur la notion de consentement. Labranche a admis avoir eu lesdites relations sexuelles extrêmes avec les jeunes filles mais il a nié toute forme de violence. Selon ses prétentions, celles-ci étaient consentantes et même qu'elles en redemandaient. 

Les victimes avaient pour leur part admis avoir eu certaines relations consensuelles avec lui mais avoir refusé clairement les relations de nature plus violente. 

Dans son analyse de la crédibilité, le juge a rejeté les versions de Labranche en lien avec les deux victimes. Selon lui, elles ne sont pas crédibles sur la notion de consentement en raison de nombreuses contradictions et invraisemblances relevées dans son témoignage. D'emblée, il a même trouvé étonnant que Labranche soit capable de parler avec une telle candeur et facilité d'actes sexuels aussi scabreux et qu'il se permette d'en rajouter en affirmant à plusieurs reprises dans son témoignage qu'il avait eu «d'innombrables relations, n'importe où et dans toutes les positions inimaginables». Plus tard dans son jugement, le juge parlera d'ailleurs d'une «vie débridée où le sexe et la drogue mènent son agir».

Toujours selon le tribunal, cette attitude ne correspond pas avec ce qu'il a prétendu être au début de ses relations avec les victimes, soit un homme gêné et mal à l'aise. 

Il a également relevé le fait que dans son témoignage, Labranche avait pris soin de couvrir tous les éléments inhérents à la notion de consentement, et ce, avec une précision quasi chirurgicale. 

Quant à la version de la première victime, le juge estime qu'elle a dit la vérité et qu'il n'y a pas de fabulation possible pour pareils actes sexuels puisque de toute façon, ils ont été confirmés par Labranche lui-même. Il ne croit pas non plus qu'elle ait pu mentir sur le consentement puisqu'elle a avoué avoir eu des relations consensuelles et même de bons moments avec lui. Enfin, rien ne lui permet de conclure que la victime voulait souffrir délibérément ou qu'elle était masochiste.

En ce qui concerne la seconde victime, il la croit elle aussi, même si son témoignage a été difficile, d'autant plus qu'elle a subi plusieurs blessures importantes sur le visage et le corps lors des relations sexuelles.

Le juge Trudel estime encore là que les explications données par Labranche sont farfelues. «Il est invraisemblable de croire qu'une femme s'étouffe et se fait mal à la gorge au point de donner des coups de pied et tout ça par plaisir», a-t-il notamment mentionné.

Finalement, la preuve de faits similaires a contribué à étayer la crédibilité des victimes. 

L'individu de 24 ans, qui est défendu par Me Pénélope Provencher, a donc été déclaré coupable sur la plupart des quelque 43 chefs d'accusation. La procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, a alors annoncé qu'elle entendait déposer une requête le 19 septembre visant à le faire déclarer délinquant à contrôler ou dangereux. 

À sa sortie de la salle d'audience, Me Paquet n'a pas caché qu'elle était très satisfaite du jugement mais encore plus les victimes. «Lorsqu'elles ont le courage de se présenter ici à la suite des événements qu'elles ont vécus, le plus important est d'être crues. Quand le juge prononce les mots «Je crois les victimes», elles savent que cela a valu la peine de se tenir debout et de raconter ce qu'elles ont vécu», a-t-elle conclu.




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