Menace et séquestration: nouveau procès pour Dufour

Palais de justice de Trois-Rivières... (François Gervais)

Agrandir

Palais de justice de Trois-Rivières

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jean-Sébastien Dufour, cet individu de Montréal qui s'était rendu dans un logement de Trois-Rivières en juin 2014 pour réclamer de la drogue à deux femmes qu'il ne connaissait pas, aura droit à un nouveau procès. La Cour d'appel du Québec accueille l'appel logé par l'homme de 38 ans et ordonne la tenue d'un procès pour les accusations de séquestration et de menaces de mort ou de causer des lésions.

En octobre 2015, celui qui a déjà envoyé paître en pleine cour la juge Guylaine Tremblay a été trouvé coupable par cette dernière de séquestration, d'avoir proféré des menaces de mort ou de causer des lésions à une femme, d'avoir proféré des menaces de brûler un lieu et d'avoir volé un véhicule à moteur. Après avoir poignardé un homme à Montréal, en juin 2014, il s'était rendu dans un logement de la rue Saint-Valère à Trois-Rivières en disant qu'il voulait voir une connaissance de la famille. Il était fortement intoxiqué.

Il a plutôt trouvé deux femmes qui ne le connaissaient pas. Il a réclamé qu'on lui trouve de la drogue. Il demande entre autres à la plaignante de l'accompagner dans un bar voisin. Elle profite de l'occasion pour revenir chez elle et pour appeler les policiers qui arrêteront Dufour quelques instants plus tard.

En mai 2017, Dufour a présenté son dossier à la Cour d'appel. Il prétendait que la juge Tremblay avait omis de tenir compte de certains témoignages avant de rendre son verdict de culpabilité.

La juge Nicole Duval Hesler estime que la juge Tremblay a commis une erreur de droit en omettant de considérer le témoignage de la deuxième femme qui était présente lors des événements. Ce témoignage présentait des différences importantes avec celui de la plaignante.

«Force est de constater que la juge de première instance, en l'espèce, n'a pas considéré tous les éléments de preuve pertinents et favorables à l'appelant (Dufour)», écrit la juge Duval Hesler dans sa décision rendue jeudi.

Ce document rappelle que la Couronne avait soutenu «que la juge de première instance n'avait pas à analyser le témoignage de cette femme, puisque le témoignage de l'appelant (Dufour) contenait des aveux judiciaires incriminants et étayant les éléments nécessaires à la détermination de sa culpabilité». Mais selon la juge Duval Hesler, cette position aurait eu plus de poids si Dufour n'avait pas été sous l'effet d'alcool et de drogues.

«Je ne veux nullement dire par là que cet état excuse le comportement de l'appelant (Dufour), mais plutôt qu'il rend son témoignage peu fiable», écrit entre autres la juge de la Cour d'appel.

Cette dernière annule les verdicts de culpabilité sur les chefs 2 (proférer des menaces de mort ou de causer des lésions) et 4 (séquestration).

Délinquant dangereux

Lors du verdict de culpabilité de Dufour prononcé en octobre 2015, la Couronne a demandé qu'il soit déclaré délinquant dangereux. Un rapport sur sa dangerosité a été rédigé par une psychiatre de l'institut Philippe-Pinel de Montréal. Le rapport de la docteure France Proulx indique que Dufour, qui affiche un lourd passé criminel, présente plusieurs caractéristiques concordant avec un délinquant dangereux.

En mars 2017, Dufour était de retour en cour pour cette demande de la Couronne. Il avait fait preuve de grande impolitesse envers la juge Tremblay, la traitant de «vieille chienne» et «d'ostie de sale».

Le dossier de Dufour pour la requête visant à le faire déclarer délinquant dangereux sera de retour en cour le 31 août.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer