Procès de William Labranche: la notion de consentement au coeur du procès

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Albert Brunelle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Couronne a tenté, ce jeudi, de démontrer que les présumées victimes de William Labranche n'étaient pas consentantes aux relations sexuelles qu'elles ont eues avec le prévenu.

Insistant sur le fait qu'un consentement doit être soutenu d'un bout à l'autre d'une relation sexuelle, l'avocate a émis des doutes sur la réelle possibilité de consentir à des pratiques sexuelles aussi intenses.

Selon la Couronne, William Labranche faisait régner un réel climat de terreur lors de ses relations avec les deux plaignantes. Me Marie-Ève Paquet a affirmé que les relations étaient basées sur la soumission des jeunes femmes envers l'accusé. Elle a aussi insisté sur le climat de domination qui régnait dans les relations et qui forçait les présumées victimes à se soumettre aux pratiques sexuelles de William Labranche. «Ne constitue pas un consentement le fait de se soumettre en raison d'un emploi de la force», a mentionné Me Paquet. Rappelons que l'homme de 24 ans soutient que les relations sexuelles hors-normes étaient toutes consensuelles. Selon les dires du détenu, pendant ces «multitudes de relations sexuelles dans toutes les positions inimaginables dont certaines pouvaient durer de 3 à 6 heures», les présumées victimes ne lui auraient jamais demandé d'arrêter et elles y tiraient un réel plaisir. «Le consentement n'est pas un chèque en blanc qui permet de commencer sans savoir où ça va s'arrêter», a rappelé Me Paquet.

Qu'à cela ne tienne, la procureure a affirmé que le fait de se soumettre par la peur ou la crainte ne constitue pas un consentement valable. À ce sujet, elle a pointé plusieurs situations qui tendent à démontrer que l'accusé exerçait une réelle emprise sur les jeunes femmes. En tête de liste, on trouve le changement dans les habitudes de vie des plaignantes. 

La poursuite prétend que du jour au lendemain, lorsque la première présumée victime s'est mise à fréquenter William Labranche, son comportement a changé radicalement. D'une jeune femme studieuse et joviale, elle se serait isolée au point où sa mère ne pouvait même plus la voir. 

La procureure de la Couronne a également affirmé que l'accusé ne se serait jamais soucié de savoir si ses partenaires consentaient aux actes sexuels qui, selon son témoignage, étaient presque toujours initiés par lui. Me Paquet a avancé qu'il y a une distinction à faire entre ce que M. Labranche percevait comme un consentement et ce qui se passait réellement. 

«La version de M. Labranche ne doit pas être crue. Il y a une différence entre ce qu'il vivait et la réalité», ajoute l'avocate. Elle a aussi souligné que la perception de l'accusé n'est pas pertinente puisque le consentement concerne les présumées victimes seulement.

Pour ce qui est des chefs d'accusation pour voies de fait causant des lésions corporelles, la procureure a rappelé qu'il n'était pas nécessaire de prouver que M. Labranche avait l'intention de causer des blessures, mais simplement qu'une «prévisibilité objective de lésion» doit ressortir de la preuve.

Rappelons que William Labranche fait face à 38 chefs d'accusation pour des voies de fait, des agressions sexuelles, des menaces et des séquestrations. Il a cependant plaidé coupable à certains chefs d'accusation liés aux événements d'avril 2015 où une caméra de surveillance l'a filmé en sortant de force d'un Tim Hortons l'une des deux plaignantes. Les plaidoiries de la Couronne se poursuivront le lundi 3 juillet.




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