La saga du vol de sirop d'érable est terminée

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le dossier du vol de six mille livres de sirop d'érable pour une valeur de 18 millions de dollars est maintenant terminé avec les sentences imposées vendredi à Robert McLean et à Sylvain Bourassa. Ce dernier va d'ailleurs se souvenir de son passage au palais de justice de Trois-Rivières où il a été traité de menteur par le juge Raymond W. Pronovost.

Sylvain Bourassa prend le chemin de la prison. Celui qui était impliqué dans le spectaculaire vol de sirop d'érable à Saint-Louis-de-Blandford a été condamné vendredi à purger trois ans d'emprisonnement et à verser une amende de 145 000 $ pour sa haute participation dans ce crime commis en 2011 et 2012.

Même s'il a plaidé coupable en décembre 2016 de vol de plus de 5000 $ à l'égard de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, l'individu de 51 ans niait sa participation au crime. Le Trifluvien a fini par admettre que son implication se limitait à avoir déplacé quelques barils et avoir fait le guet à quelques occasions.

Le juge Pronovost a rejeté en bloc cette prétention. Selon le président du tribunal, la preuve de la haute implication de Bourassa dans ce crime a été démontrée par la Couronne. Selon plusieurs témoins, Bourassa était le gérant de l'entrepôt où étaient stockés des milliers de barils de sirop d'érable. Il dirigeait les employés et s'occupait de la surveillance des lieux.

«Il était en haut de la hiérarchie en ce qui concerne la sortie du sirop de l'entrepôt», a dit le juge.

Dans sa décision, ce dernier n'a pas manqué de souligner que Bourassa a passé son temps à nier les faits et à trouver toutes sortes de raisons pour étayer son argument.

«L'accusé est un fieffé menteur. Il doit toujours trouver une explication qui ne tient pas la route au lieu d'admettre son erreur», a ajouté le juge, en soulignant qu'il avait dû demander de prendre une pause durant les observations sur la peine, une première en 27 ans de pratique, car il n'était plus capable d'entendre autant de mensonges de la part de cet homme.

Selon le juge, l'appât du gain et le manque de jugement ont motivé Sylvain Bourassa à commettre ce crime. Le tribunal est convaincu que l'individu a reçu au moins 125 000 $ de ses activités criminelles.

Le juge impose donc le paiement d'une amende de 145 000 $ d'ici 10 ans. Advenant le non-paiement, Bourassa devra purger une peine de prison supplémentaire de deux ans.

Me Julien Beauchamp-Laliberté se dit satisfait de la décision même si la peine d'emprisonnement est inférieure à sa demande qui s'élevait à 42 mois.

«Le tribunal a reconnu que Sylvain Bourassa était un personnage clé et qu'il a permis le commencement de ce vol.»

Me Louis-R. Lupien, l'avocat de Sylvain Bourassa, veut prendre le temps d'analyser le long verdict du juge avant de le commenter.

McLean: peine dans la collectivité

Le verdict réservé pour Robert McLean est une peine d'emprisonnement de deux ans moins un jour à être purgée dans la collectivité. Ce citoyen de Notre-Dame-de-Stanbridge (près de Saint-Jean-sur-Richelieu) a reconnu sa culpabilité en décembre dernier à une accusation de vol de plus de 5000 $ à l'égard de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. Son rôle a toutefois été moindre que bien d'autres personnes impliquées dans ce crime. L'individu de 55 ans a facilité la location d'un entrepôt à Montréal et a fourni différents équipements comme des compresseurs et des chariots élévateurs.

Comme l'a précisé le juge, McLean n'est pas une tête dirigeante et sa contribution lui a permis de toucher 5000 $.

McLean sera soumis à un couvre-feu de 24 heures par jour durant les huit premiers mois de sa peine, sauf pour fins de travail, de soins de santé et d'achats de produits de consommation. Pour le reste, le couvre-feu sera de 22 h à 6 h. Une probation de trois ans lui est également imposée.

«La société vous donne une chance de vous reprendre en main. Saisissez-la», lui a dit le juge Pronovost.

Me Andrée Marier, l'avocat de McLean, se dit satisfaite de la décision du juge.

«C'est une sentence légitime dans les circonstances», raconte Me Marier, en rappelant que le processus judiciaire avait démontré la réelle implication de son client.

Me Beauchamp-Laliberté estime qu'une sentence correcte a été imposée à McLean, car il se situait dans le bas de l'échelle organisationnelle.

Le vol de sirop d'érable en bref

  • le vol a été commis entre août 2011 et juillet 2012
  • les premières arrestations ont été effectuées en décembre 2012
  • 26 personnes ont été accusées
  • 17 personnes ont été condamnées
  • huit personnes ont été libérées en raison du retrait des accusations
  • une personne a été acquittée




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer