Une absolution inconditionnelle demandée pour Kaven Deslauriers

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Kaven Deslauriers

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La défense réclame du juge Steve Magnan qu'une absolution inconditionnelle soit accordée à l'ex-policier de la Sécurité publique de Trois-Rivières, Kaven Deslauriers, pour les voies de fait simples infligés à Alexis Vadeboncoeur le 2 février 2013.

Dans sa plaidoirie, Me Stephen Angers soutient en effet que l'absolution inconditionnelle n'est pas une mesure exceptionnelle. «Ce n'est pas parce qu'il est un policier qu'il n'aurait pas le droit d'en bénéficier», a-t-il déclaré en s'appuyant sur la jurisprudence.

En ce sens, il a rappelé au juge l'importance d'individualiser la peine pour son client et de ne pas succomber à la vindicte populaire ni à la tentative de lui infliger une sentence de nature vengeresse. Il a notamment fait référence à la vision distorsionnée que certaines personnes peuvent avoir de l'arrestation en regardant la vidéo tirée des caméras de surveillance du Cégep. 

D'une part, Kaven Deslauriers a été reconnu coupable d'une infraction moindre que celles portées contre lui au départ. De par la nature de la voie de fait simple et des peines qui y sont associées, il est donc éligible à l'absolution. D'autre part, la loi prévoit que pour bénéficier d'une absolution, il faut démontrer que celle-ci est dans l'intérêt véritable de l'individu sans pour autant nuire à l'intérêt public. 

Me Angers a ainsi souligné que son client est un homme de 35 ans qui n'a aucun antécédent judiciaire, qu'il a une bonne moralité et qu'il a toujours été un actif pour la société, et ce, même après son congédiement de la police de Trois-Rivières. Il occupe présentement un emploi au parc portuaire mais il aimerait éventuellement redevenir policier. Il n'a d'ailleurs pas d'autre formation. Au dire de son avocat, être policier a toujours été un rêve pour lui. 

Sur un plan personnel, sa conjointe est enceinte. Il a dû s'occuper de son père malade à titre d'aidant naturel jusqu'au décès de celui-ci pour ensuite prendre soin de sa mère. Cette dernière était d'ailleurs présente dans la salle d'audience de même que sa soeur. Enfin, il a de la famille aux États-Unis.

Il est donc clair dans l'esprit de Me Angers que la notion de l'intérêt véritable est rencontrée puisqu'une absolution (et par le fait même une absence de casier judiciaire) lui permettrait de redevenir policier et de visiter sa famille à l'étranger.

En ce qui concerne l'intérêt public, il a insisté sur le fait que le délit reproché à son client n'était pas prémédité. Il aurait agi dans des circonstances extrêmes en renfort à ses collègues.

Plus encore, Me Angers considère que l'effet dissuasif a déjà été rencontré à cause de l'importante couverture médiatique. Selon lui, celle-ci constitue déjà une sanction qui a causé des stigmates. Son client serait même prêt à faire un don de 1000 $ à un organisme s'il bénéficie de l'absolution. 

De son côté, la procureure de la Couronne, Me Aryanne Guérin, admet qu'il est dans l'intérêt véritable de Kaven Deslauriers de bénéficier d'une absolution, mais sur le plan de l'intérêt public, elle s'oppose fermement à cette demande. Elle suggère plutôt une sentence suspendue ou une amende qui viendrait davantage répondre aux critères de dénonciation et de dissuasion. 

En citant les propos du juge Steve Magnan, elle a rappelé que le policier avait commis un abus d'autorité en infligeant des «coups superflus et excessifs» à Vadeboncoeur, «des coups qui visaient à causer de la douleur». Selon elle, la loi donne bel et bien un large pouvoir aux policiers mais pas dans pareilles circonstances. «Il faut envoyer un message clair à l'effet que la force ne doit pas être utilisée de cette façon», a-t-elle mentionné. 

Le juge a pris la cause en délibéré pour justement analyser les principes de l'intérêt public. Il fera connaître la sentence le 25 juillet. 

Rappelons que les trois collègues de Kaven Deslauriers, qui avaient participé à l'intervention, ont été blanchis de toutes les accusations qui pesaient contre eux.




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