Dossier William Labranche: consentement ou non?

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William Labranche

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

Est-ce que les deux femmes qui se disent victimes des gestes de William Labranche étaient consentantes ou non à participer à des actes sexuels très intenses? C'est la notion qui est soumise au juge Jacques Trudel autant par la défense que la Couronne.

Au terme d'un procès pour agression sexuelle et violence qui a duré plus de trois semaines, le dossier de Labranche était de retour lundi au palais de justice de Trois-Rivières pour l'étape des plaidoiries. Selon Me Pénélope Provencher, un doute devrait subsister quant à l'absence de consentement.

Me Provencher a souligné que son client avait offert un témoignage crédible lors de son passage devant le tribunal. Labranche reconnaît avoir entre autres sodomisé les deux femmes, mais il prétend que ces dernières étaient d'accord avec cette pratique. Dans le cas de la première victime, il affirme qu'elle a eu du plaisir lors de la première relation anale et qu'elle l'a embrassé. 

Sur l'accusation de voies de fait, William Labranche nie avoir martyrisé les seins de la femme. Il aurait plutôt massé la poitrine de celle-ci et elle aurait éprouvé un réel plaisir, ce qui laisse entendre un consentement. Me Provencher rappelle que durant son témoignage, cette femme affirmait avoir été martyrisée, mais a quand même revu Labranche par la suite.

Le témoignage de la deuxième plaignante est aussi rempli de contradictions, note Me Provencher. L'avocate note entre autres l'absence de taches de sang sur les sièges de la voiture de Labranche lors d'une escapade, alors qu'elle affirmait avoir eu des saignements importants à la suite d'un rapport sexuel avec l'accusé. 

Me Provencher a aussi relevé le fait que du sperme n'appartenant pas à Labranche a été trouvé sur la culotte de cette deuxième plaignante. Labranche a toutefois reconnu sa culpabilité lundi d'avoir menacé la deuxième plaignante lors d'un incident survenu dans un restaurant Tim Hortons en avril 2015. Il dit avoir réagi ainsi après que la femme l'eut menacé de dire à sa mère qu'il l'avait agressée sexuellement, ce qu'il a nié.

Si Me Provencher estime que son client devrait être acquitté, Me Marie-Eve Paquet est évidemment de l'avis contraire. La stratégie de l'avocate de la Couronne est de démontrer qu'il y avait absence de consentement de la part des deux plaignantes et qu'il y a une preuve de faits similaires entre les deux cas.

Selon la Couronne, Labranche utilise le même procédé dans ses relations: il use de violence et de domination pour satisfaire son propre plaisir sexuel et n'a que faire des réactions des femmes qui partagent son lit. Me Paquet raconte que la consommation de drogues et d'alcool est omniprésente durant les rapports sexuels et que c'est lui qui fournit les stupéfiants.

Dans les deux cas, les pénétrations vaginales et anales ont été intenses, affirme Me Paquet. La première sodomie a été imposée à la première plaignante, raconte la procureure de la Couronne.

En rappelant le témoignage des deux victimes, Me Paquet observe que celles-ci ont eu le pénis de Labranche enfoncé dans la gorge. Faisant référence à un passage du témoignage de Labranche qui affirmait avoir des relations dans tous les orifices, les femmes disaient ne pas consentir à ces rapports. Selon Labranche, les femmes criaient de jouissance, alors qu'elles pleuraient et gémissaient, a dit Me Paquet.

Les deux plaignantes affirment que Labranche semble dans un autre monde lorsqu'il s'adonne à ses rapports sexuels, qu'il est en transe. L'avocate se demande comment il peut s'assurer que ses partenaires sont alors consentantes.

La plaidoirie de la Couronne se poursuivra le 29 juin.




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