Mort d'un marin: une enquête de longue haleine

François Dumont et Mélissa St-Jean sont les enquêteurs... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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François Dumont et Mélissa St-Jean sont les enquêteurs envoyés par le Bureau de la sécurité des transports pour faire la lumière sur le décès d'un marin survenu lundi à Trois-Rivières.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada ne fait que commencer, mais les enquêteurs confirment que le marin ayant péri lundi lors d'une manoeuvre d'accostage au port de Trois-Rivières a été happé mortellement par une amarre dont le système a vraisemblablement connu des ratés.

François Dumont et Mélissa St-Jean sont arrivés mardi matin afin d'amorcer leur collecte d'informations visant à tirer au clair l'événement qui a coûté la vie au deuxième officier du Nord Québec, un Phillipin de 38 ans ayant une longue expérience dans le domaine de la navigation.

Ce navire vraquier arrivait de Port Alfred où il a déchargé de l'alumine. Il est à Trois-Rivières afin de faire le plein de maïs qui va prendre la direction de l'Espagne.

«Le deuxième officier faisait partie des membres affectés à l'accostage. Pendant la manoeuvre, le navire était avec deux remorqueurs. L'équipage envoyait des amarres sur le quai et un des câbles est revenu sur le bateau pour heurter le deuxième officier à la tête. Le décès a été constaté à 18 h 18 à l'hôpital», confirme M. Dumont, enquêteur désigné.

Les membres affectés à l'accostage utilisent des systèmes de treuil pour créer une tension sur les amarres. Les câbles de matière synthétique ont un diamètre de cinq centimètres.

Durant cette première journée d'enquête, l'équipe du BST a mis la main sur les données comprises dans la boîte noire du navire, un vraquier provenant du Singapour. Les documents du bateau ont aussi été recueillis, de même que le témoignage de l'équipage du navire et des responsables de l'amarrage.

La mort du marin de 38 ans a évidemment créé une onde de choc auprès de l'équipage.

«C'est très émotif comme ambiance, les gens sont à fleur de peau. Ils ont d'ailleurs un support psychologique», précise M. Dumont.

Gaétan Boivin, le grand patron du port de Trois-Rivières, était lui aussi secoué par cet accident mortel. Cet ancien navigateur rappelle que les marins d'un navire sont unis par de très forts liens.

«Ce n'est pas juste des compagnons de travail, ce sont des compagnons. On travaille en équipe, on mange en équipe, on joue aux cartes. Tu développes de très grandes amitiés. Pour les marins, c'est un drame. Nos pensées sont pour le marin et sa famille, mais aussi pour les marins afin de s'assurer qu'ils aient les ressources pour passer à travers le drame», raconte M. Boivin, qui assure les autorités responsables de l'enquête de l'entière collaboration du port trifluvien.

Étant donné que ce dossier est de juridiction fédérale, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail du Québec (CNESST) n'a pas à intervenir.

L'analyse du BST suivant la collecte d'informations peut prendre quelques semaines. Aucun délai n'est prescrit quant au dévoilement des conclusions de l'enquête. Cet organisme présentera alors des recommandations pour éviter la répétition d'un tel accident, mais il n'impose pas de pénalité, ni ne jette le blâme sur aucune partie.

«La crème de la crème»

L'équipage du Nord Québec est composé de 19 Philippins. En raison de leur profonde dévotion envers la religion catholique, les marins ont demandé et reçu la visite d'un prêtre provenant de l'Apostleship of the sea, un regroupement qui voit au cheminement spirituel des marins.

Paul Racette, directeur du Foyer des marins, n'a d'ailleurs que de bons mots pour les marins d'origine philippine.

«C'est la crème de la crème. Ce sont des bons gars, toujours souriants, travaillants, honnêtes, gentils. Il n'y a pas d'autres nationalités comme ça.»

Les accidents de travail mortels n'arrivent pas souvent au port de Trois-Rivières. Le dernier est survenu en novembre 2011, alors qu'un contremaître de l'entreprise Les Élévateurs de Trois-Rivières a chuté du haut d'un silo.

Le port de Bécancour a connu un événement semblable à celui de lundi à Trois-Rivières. En décembre 2007, un débardeur a eu une jambe sectionnée par une amarre qui s'était rompue.




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