Le procès de William Labranche tire à sa fin

William Labranche...

Agrandir

William Labranche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après quatorze jours d'audiences, le procès de William Labranche tire à sa fin.

La procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, a en effet terminé vendredi le contre-interrogatoire du suspect qui fait face à une trentaine de chefs d'accusation en lien avec des sévices sexuels et physiques infligés à deux jeunes femmes entre 2011 et 2015.

Il a été confronté sur plusieurs aspects de sa version des faits depuis qu'il témoigne, ce qui a permis de soulever certaines invraisemblances dans ses propos. C'est le cas notamment sur ses prétentions à l'effet qu'il a cru avoir été infecté au VIH par la seconde présumée victime lors d'une relation sexuelle. Il importe ici de préciser que la trousse médicale effectuée à l'hôpital n'a révélé aucune trace de séropositivité chez elle.

Or, Labranche a affirmé que cette dernière lui avait soudainement annoncé le 18 avril qu'elle était séropositive en apercevant du sang sur ses parties génitales. Elle lui aurait dit qu'il était alors trop tard, ce qui lui avait laissé croire qu'il était désormais contaminé. Il aurait même cru qu'il était en train de mourir. Malgré tout, il a admis vendredi qu'il n'avait fait aucune démarche médicale dans les jours suivants. Il a plutôt accepté qu'elle dorme avec lui. Le lendemain, il aurait fait un road trip avec elle durant toute la journée. Toujours selon lui, la jeune fille lui aurait aussi fait quelques fellations intenses le 20 avril sans qu'il ne prenne soin de se protéger. 

Il a déclaré qu'il avait été très troublé par cette possible contamination d'autant plus que la jeune fille ne cessait de lui répéter qu'il allait désormais devoir «fourrer des putes toute sa vie», une situation qu'il ne pouvait concevoir. D'un autre côté, Me Paquet lui a exhibé des messages qu'il avait écrits sur les réseaux sociaux dans lesquels il fantasmait sur des relations sexuelles avec des «putes maigres». 

Interrogé sur les événements survenus dans les heures précédant son arrestation au Tim Hortons le 20 avril 2015, alors la victime et lui se trouvaient tous les deux dans une voiture (elle avait allégué plusieurs agressions sexuelles violentes), il a alors tenu un discours pour le moins décousu au point de changer sa version des faits en cours de route. Ses propos sont devenus à ce point incohérents qu'il a lui-même fini par dire que son histoire pouvait paraître invraisemblable, mais qu'elle était vraie. 

Il a aussi prétendu que les images captées par les caméras de surveillance du Tim Hortons avaient été coupées afin qu'on ne puisse pas voir que la jeune fille l'avait soi-disant menacé juste avant qu'il ne s'en prenne à elle. Il a déclaré qu'elle s'apprêtait à envoyer un message à sa mère à lui pour lui annoncer qu'il l'avait agressée sexuellement.

En fait, il soutient que lors de cet événement, il était devenu vulnérable et très faible en raison du chantage qu'elle lui aurait fait, de l'éventualité d'une contamination au VIH et de la menace liée aux relations sexuelles forcées avec des prostituées. 

Toujours en guise de défense, il est aussi revenu sur le fait qu'elle insistait pour avoir une vraie relation de couple avec lui alors qu'il n'en voulait pas, ce qui l'aurait frustrée. 

Finalement, il a admis avoir téléphoné à la première présumée victime lorsqu'il était incarcéré pour avoir de ses nouvelles alors qu'il ne s'en était pas véritablement soucié l'année précédente. On sait que cette dernière avait déclaré en cour qu'il voulait surtout qu'elle témoigne en cour pour sa défense, ce qu'elle avait refusé. 

Il l'a ensuite accusée d'avoir porté plainte plus tard contre lui par vengeance parce qu'il avait été infidèle et qu'elle avait dû faire faillite à cause d'une dette sur un véhicule. 

Le procès va se poursuivre le 8 juin.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer