La mère de William Labranche témoigne

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William Labranche

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pour la première fois depuis le début de son procès pour des sévices sexuels et physiques qui auraient été infligés à deux femmes, William Labranche a semblé ébranlé lorsque sa mère a été obligée de se présenter à la barre des témoins, jeudi, pour prendre sa défense.

Linda Clermont a d'ailleurs dit avoir été très étonnée d'apprendre le dépôt d'accusations contre son fils, notamment en ce qui concerne la première présumée victime qui a fréquenté son fils pendant trois ans. «Je croyais que ça allait bien entre eux», a-t-elle précisé. Même chose pour la seconde présumée victime. «Ils avaient l'air heureux. Je n'ai pas été témoin de disputes. J'ai vu la fille pleurer une seule fois», a-t-elle mentionné. 

Rappelons d'emblée que Mme Clermont avait été appelée à témoigner en lien avec les messages textes échangés entre son fils et la deuxième présumée victime. Plus tôt dans la journée, Labranche avait d'ailleurs jeté le blâme sur la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, en lui reprochant de forcer sa mère à témoigner puisqu'elle s'était objectée au dépôt en preuve de ces messages alors qu'il n'avait pas voulu la mêler à cette histoire.

Dans les faits, avant de rendre une décision sur l'admissibilité de ces messages, le juge Jacques Trudel avait plutôt demandé à l'avocate de la défense, Me Pénélope Provencher, de faire témoigner la mère sur ces messages puisque c'est elle qui avait fait des captures d'écran de ceux-ci à la demande de son fils qui était alors incarcéré. Il voulait notamment vérifier si leur contenu était intégral. 

Lorsqu'elle s'est présentée à la barre non sans un immense malaise, Mme Clermont a en effet expliqué avoir récupéré le téléphone de son fils à la prison de Trois-Rivières et avoir fait les captures d'écran chez Bureau en gros en compagnie de sa fille. 

Or, la Couronne a justement profité de sa présence devant le tribunal pour en savoir plus sur les événements dont elle avait pu être témoin puisque ce dernier aurait agressé des victimes dans la résidence familiale.

On sait qu'il s'était même vanté d'avoir eu une «multitude de relations sexuelles dans toutes les positions inimaginables, dont certaines pouvaient durer de trois à six heures» et que les jeunes femmes y prenaient beaucoup de plaisir. Or, même si elle était presque toujours présente la nuit, Mme Clermont n'a rien vu et a tout au plus entendu des cris de plaisir à une ou deux reprises. 

Mme Clermont a aussi tenté de justifier ou, du moins, de minimiser les gestes qui sont reprochés à son fils, notamment ceux survenus au Tim Hortons en avril 2015. «Je n'ai pas vu la vidéo parce que c'est mon fils et je ne veux pas voir ça. Ça me fait de la peine et ça me dérange énormément», a-t-elle mentionné.

Elle a ainsi déclaré que selon ce qu'il lui avait dit, il avait certes «pété un câble» mais qu'il n'avait pas frappé la jeune fille mais plutôt fait en sorte qu'elle le suive à l'extérieur sous prétexte qu'elle le menaçait de lui envoyer à elle un message texte. Mme Clermont a finalement avoué que cela aurait été impossible puisque la jeune fille n'avait pas ses coordonnées. 

Toujours dans le cadre du contre-interrogatoire, elle a admis qu'elle n'avait jamais vraiment questionné son fils sur les agressions qui lui étaient reprochées lors de ses visites en prison et n'avoir jamais regardé les médias. «Je fais confiance à mon garçon et je suis très étonnée des choses que j'ai pu entendre», a-t-elle ajouté. 

Elle a d'ailleurs été très surprise d'apprendre devant le tribunal que son fils avait caché dans sa maison 1,5 kilogramme de marijuana, qu'il possédait un pistolet à plombs et des munitions, qu'il traînait sur lui en permanence un couteau et qu'il avait consommé beaucoup de drogues chimiques.

Si au départ, elle avait aussi affirmé avoir toujours entretenu de bonnes relations avec son fils, marquées par quelques disputes, elle a plus tard précisé en contre-interrogatoire, et ce, du bout des lèvres, qu'il avait tenu à quelques reprises des propos irrespectueux à son égard. On sait qu'il avait été allégué par les présumées victimes que cette dernière était elle aussi sous l'emprise de son fils.

Plus tôt dans la journée, le contre-interrogatoire de Labranche s'est poursuivi. Encore une fois, il est demeuré plutôt vague dans certaines de ses réponses, étant incapable de préciser des éléments. Il a par ailleurs réitéré avec vigueur que la première présumée victime n'avait jamais pleuré en sa présence ni qu'elle l'avait repoussé, sauf en une occasion lors de l'utilisation de jouets sexuels en pyrex. 

Il a aussi admis ses infidélités car il voulait, semble-t-il, acquérir une plus grande expérience sexuelle même si ça dérangeait sa conjointe. Par contre, il n'aurait pas accepté que celle-ci ait des relations sexuelles avec d'autres hommes à moins, peut-être, qu'il ne soit présent bien que cette question n'aurait pas été abordée.

Son contre-interrogatoire va se poursuivre vendredi.




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