Crise de colère dans le box des accusés

Avik Caron... (François Gervais)

Agrandir

Avik Caron

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avik Caron, l'une des têtes dirigeantes du vol de 18,7 millions $ en sirop d'érable, a complètement perdu les pédales, vendredi matin, au palais de justice de Trois-Rivières en apprenant qu'il venait d'être condamné à une peine de 72 mois de prison en plus de devoir payer des amendes compensatoires totalisant près de 1,7 million $.

L'individu, qui est déjà connu pour sa difficulté à gérer sa colère (tel qu'il en ressort de son rapport présentenciel) a en effet explosé dans le box des accusés. Même s'il avait librement et volontairement plaidé coupable aux accusations portées contre lui, il a réclamé à grands cris un procès, accusant son avocate Me Maria Soledad Vivas Rodriguez de l'avoir mal conseillé. Devant le refus du juge Jacques Lacoursière, il a alors vociféré un juron à son endroit pour ensuite donner un coup de poing dans la porte menant au quartier cellulaire. Il s'en est ensuite pris à l'agent des services correctionnels qui tentait de le calmer en le bousculant et en le menaçant de lui casser la gueule. 

Cet événement, qui s'est déroulé devant plusieurs témoins dans la salle d'audiences, a évidemment donné lieu à une plainte criminelle contre Caron pour menace et voie de fait. De nouvelles accusations pourraient éventuellement être portées contre celui qui se décrit comme une victime de l'acharnement policier et juridique. Son degré élevé de déresponsabilisation avait d'ailleurs été relevé par son agent de probation. Le juge avait lui aussi fait le même constat lors du témoignage du prévenu. C'est ce qui explique notamment pourquoi il lui a imposé une peine visant à susciter chez lui la conscience de ses responsabilités. 

Rappelons qu'Avik Caron, 43 ans, a plaidé coupable à trois accusations. Dans un premier temps, il a admis avoir fraudé L'Industrielle Alliance entre 2010 et 2011. Il avait alors vendu des assurances à des proches dans le but de réclamer les commissions de ses ventes. Selon la poursuite, ses manoeuvres lui auraient rapporté 878 114,38 $.

Deuxièmement, il a plaidé coupable à des chefs de vol et de trafic de sirop d'érable entre 2011 et 2012. Une compagnie, dont sa conjointe était actionnaire, avait loué un bâtiment de Saint-Louis-de-Blandford à la Fédération des producteurs acéricoles du Québec pour l'entreposage du sirop d'érable. Caron en a alors profité pour voler le sirop. Pas moins de 9571 barils ont par la suite été subtilisés avec l'aide de plusieurs complices, dont Richard Vallières, qui se chargeait de vendre le sirop à l'extérieur du Québec. 

Dans cette affaire, le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, avait réclamé huit ans de prison moins la détention préventive de 33 mois et des amendes compensatoires à la confiscation des produits de la criminalité totalisant 4,3 millions $. La défense suggérait pour sa part une peine de quatre ans de laquelle devait être soustraits non pas 33 mois, mais bien l'équivalent de 40 mois en détention préventive. Les huit mois restants seraient purgés dans la collectivité. 

Dans son analyse, le juge a tenu compte des facteurs aggravants tels que le montant du vol et de la fraude, le fait qu'il avait agi par appât du gain et vengeance et qu'il soit l'instigateur d'un crime qui s'est échelonné sur plusieurs mois. Il a aussi retenu le fait qu'il n'avait pas hésité à transporter le sirop dans des contenants impropres à l'entreposage mettant ainsi en danger la santé publique. Par contre, il a rejeté l'hypothèse de la Couronne voulant que le vol de sirop avait été commis au profit d'une organisation criminelle puisque la preuve n'a pas été faite en ce sens. 

Il a aussi pris en considération les facteurs atténuants pour finalement lui imposer une peine de 72 mois de prison moins la détention provisoire de 33 mois calculée à temps et demi pour un total de 39 mois. 

En ce qui concerne les amendes compensatoires, il a décidé de le condamner à verser 1,2 million $. À cela, il faut ajouter une amende supplémentaire de 493 047,11 $ pour la fraude à la compagnie d'assurances. Avik Caron aura cinq ans et six mois pour payer les amendes avoisinant 1,7 million $ à défaut de quoi il devra purger cinq ans de prison consécutifs. 

À sa sortie du tribunal, Me Beauchamp-Laliberté n'a pas caché sa très grande satisfaction. Selon lui, justice a été rendue compte tenu de l'importance des crimes qui ont été commis. Qui plus est, c'est la première fois qu'un individu en Mauricie est condamné à payer des amendes compensatoires en lien avec les produits de la criminalité.

Quant aux sentences de Richard Vallières et de plusieurs autres complices dans le vol de sirop, elles n'ont pas encore été rendues. Des dates devraient être fixées le 27 avril.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer