Accident mortel de speed boat: Sylvain Girard porte sa cause en appel

Sylvain Girard... (Sylvain Mayer)

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Sylvain Girard

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Sylvain Girard, cet homme qui a été déclaré coupable de conduite dangereuse et négligence criminelle causant la mort lors d'un accident de speed boat survenu sur la rivière Saint-Maurice à Shawinigan, vient de porter sa cause en appel.

Dans un avis d'appel déposé le 30 mars dernier, ses avocats Me Louis R. Lupien et Me Michel Lebrun réclament à la Cour d'appel d'acquitter Sylvain Girard ou d'ordonner la tenue d'un nouveau procès. Ils soutiennent que le juge de première instance, Jacques Trudel, aurait erré en droit, et ce, à plusieurs égards. Il aurait notamment inversé le fardeau de preuve en imposant à l'appelant l'obligation de prouver pourquoi il avait fait ce virage fatal et pas les précédents alors qu'une explication aurait été donnée par la défense sur l'imprévisibilité de cet accident. 

Sans en avoir de preuves selon les allégations de la défense, il aurait déduit que l'appelant aurait dû savoir qu'un danger pouvait exister en conduisant à une telle vitesse soit plus de 40 km/h et que le nombre d'occupants présents dans l'embarcation avait contribué à la survenance de l'accident. Il aurait aussi reproché à Sylvain Girard le fait que les occupants du bateau de portaient pas de veste de flottaison, alors qu'il n'avait aucune obligation à cet égard. Enfin, il a reproché à l'appelant sa conduite antérieure, notamment quant à la vitesse et à la présence d'autres embarcations à proximité. 

De même, on précise dans cet avis d'appel que le juge de première instance aurait erré en droit en inférant du simple fait que la façon de conduire était pour lui objectivement dangereuse et que le degré de diligence démontré par l'appelant représentait un écart marqué par rapport à la norme dite raisonnable.

D'autres reproches sont formulés en lien avec une déclaration faite par l'appelant à un policier et le refus de pouvoir contre-interroger un témoin sur une déclaration antérieure.

Rappelons que cet accident était survenu le 4 août 2012. Girard avait proposé à des jeunes de faire un tour sur la rivière Saint-Maurice à bord de son speed boat de 42 pieds. C'est au troisième tour, lors d'une manoeuvre de virage, que le bateau de l'accusé avait tangué et que ses passagers avaient tous été éjectés. Alexandre Bourque, 27 ans, y avait trouvé la mort. 

Dans cette affaire, la défense avait fait valoir par le témoignage d'experts que l'accident était survenu en raison d'une caractéristique de conception et de fabrication de la coque du speed boat. Selon eux, une embardée latérale soudaine pouvait se produire de façon inattendue lors d'un virage, et ce, sans nécessiter de manoeuvre brusque. Girard avait prétendu que sa vitesse était modérée compte tenu du niveau de performance de son bateau.

La Couronne, représentée par Me Catherine Vincent et Me Benoît Larouche, était plutôt d'avis que Girard avait conduit dangereusement sans se soucier de la sécurité d'autrui, et ce, dans le seul but d'épater la galerie. Le juge en était arrivé à la même conclusion. «Il a conduit son bateau de façon à exploiter et à démontrer les performances de vitesse, de conduite et de manoeuvres sur l'eau», avait-il écrit. Notons que les plaidoiries sur sentence de Sylvain Girard ont été fixées au 24 avril.

Outre cet appel de plein droit déposé par Sylvain Girard (qui sera automatiquement entendu sur le fond à une date ultérieure), la défense a aussi déposé une requête pour permission d'en appeler sur des motifs comportant des questions mixtes de droit et de faits en ce qui concerne les témoignages des experts notamment. Celle-ci devra par contre obtenir une autorisation de la Cour d'appel pour être débattue.




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