Procès de William Labranche: des documents incriminants déposés en preuve

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Des enregistrements vidéo captés par les caméras de surveillance du restaurant Tim Hortons (au coin du boulevard Thibeau et de la rue du Parc à Trois-Rivières) en lien avec une agression survenue le 20 avril 2015 ont été déposés en preuve au procès de William Labranche.

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Des documents vidéo et audio incriminants ont été déposés en preuve, vendredi, par la Couronne au procès de William Labranche, cet individu qui fait face à 38 chefs d'accusation pour des voies de fait, des agressions sexuelles, des menaces et des séquestrations contre deux femmes.

À la demande de la procureure, Me Marie-Ève Paquet, un technicien du service d'identité judiciaire de la police de Trois-Rivières, Patrick Beauchamp, a en effet expliqué qu'il avait été chargé de récupérer les enregistrements vidéo captés par les caméras de surveillance du restaurant Tim Hortons (au coin du boulevard Thibeau et de la rue du Parc à Trois-Rivières) en lien avec une agression survenue le 20 avril 2015, les copies des deux appels 911 logés par des employées et les images filmées par la présumée victime à l'aide de son cellulaire.

Ainsi, sur la vidéo du commerce, on peut y voir William Labranche s'en prendre violemment à la jeune femme en présence des employés. Il l'agrippe, l'empoigne par le cou pour l'entraîner à l'extérieur pendant que la jeune femme se débat de toutes ses forces. Il essaie ensuite de la faire entrer dans son véhicule, mais elle réussit à se sortir de son emprise afin de retourner dans le commerce et se réfugier dans la partie arrière réservée aux employés. Il la pourchasse, tente de récupérer le cellulaire de la jeune femme qu'elle venait de donner à une employée pour ensuite la suivre à l'arrière. Or, les policiers sont arrivés à ce moment pour procéder à son arrestation.  

Avant qu'il ne s'en prenne à elle, la plaignante avait par ailleurs pris soin de le filmer à son insu dans le commerce. On se rappellera que dans le cadre de son témoignage, elle soutenait avoir été agressée et violentée dans l'auto du suspect dans les minutes précédentes. Elle avait ensuite trouvé refuge dans le commerce où Labranche l'avait rejointe.

William Labranche... - image 4.0

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William Labranche

Sur cette vidéo, il la fixe du regard avec un sourire en coin et lui fait savoir qu'il va la frapper. On entend entre autres la plaignante dire que ce n'est pas la première fois, lui demander pourquoi en lui précisant qu'elle ne lui a rien fait.

Enfin, deux appels 911 ont été logés ce soir-là, dont une par une employée du Tim Hortons. Elle y précise qu'un individu est en train de frapper une femme pendant qu'on entend les cris et les appels à l'aide de celle-ci.  

Trois employées étaient d'ailleurs présentes lors de l'agression. Elles ont toutes raconté vendredi avoir été ébranlées par les événements. «Je ne peux pas imaginer qu'une telle situation puisse arriver surtout dans un Tim Hortons. J'avais la chienne!», a-t-elle indiqué. 

Outre l'agression, une autre employée se rappelle également des appels à l'aide lancés par la jeune femme. «Elle criait: "Aidez-moi! Ne le laissez pas m'emmener! Pourquoi vous ne faites rien?" Elle était paniquée. C'était invivable. J'ose à peine imaginer comment elle se sentait», a-t-elle déclaré. 

Elle a confié avoir été marquée. «Je ne peux pas comprendre comment tu peux battre quelqu'un de cette façon. Je trouve ça sans coeur», a-t-elle ajouté les larmes aux yeux.  

La troisième employée a pour sa part contacté le 911. Elle a aussi tenté de s'interposer en voulant bloquer le passage au suspect, mais il l'aurait poussée avec ses deux mains. Interrogée à savoir pourquoi les employées n'avaient pas fait davantage pour aider la jeune femme, elle a répondu que l'individu avait une carrure impressionnante et qu'il était très agressif. «On essaie tous de faire de notre mieux. Pour moi, le mieux a été d'appeler le 911», a-t-elle précisé. 

Notons que le suspect est également accusé de voies de fait contre les employées du Tim Hortons.

Enfin, l'enquêteur Dave Gordon a lui aussi témoigné. Il a assisté l'enquêteur Nelson Langlais lors de l'interrogatoire de William Labranche le 21 avril. Au cours de sa carrière, il a procédé à plusieurs interrogatoires qui, généralement, seraient plutôt conviviaux. Or, celui-ci était très particulier en raison du comportement non verbal de l'individu. Il a notamment précisé que la tension était palpable dans le local. Selon lui, Labranche présentait plusieurs signes précurseurs d'une agression et jouait la carte de l'intimidation. «J'ai eu le réflexe d'éloigner mes documents et mon stylo et de m'asseoir sur le bout de ma chaise. J'étais certain que ça allait mal finir», a-t-il raconté. Finalement, aucun geste de violence n'a été porté.  

La Couronne a par la suite annoncé que sa preuve était close. Le procès va reprendre le 25 avril avec la preuve de la défense.




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