Un drame qui en rappelle tristement un autre

L'avocat Me René Duval.... (François Gervais)

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L'avocat Me René Duval.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Le drame survenu dans la nuit de mercredi à jeudi où trois femmes ont été assassinées au Centre-de-la-Mauricie rappelle tristement le triple meurtre de la rue Sicard à Trois-Rivières en février 2014 alors que trois jeunes, deux soeurs et l'ami de coeur de l'une d'elles ont été tués par deux adolescents. Pour un avocat, ces dossiers d'homicides multiples peuvent être délicats à traiter.

Me René Duval a représenté ces dernières années Cédric Bouchard, un des auteurs du triple meurtre de la rue Sicard condamné depuis à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant dix ans. L'avocat trifluvien a aussi plaidé à la Cour suprême dans le dossier de Cathie Gauthier, cette femme du Saguenay qui a été reconnue coupable du meurtre de ses trois enfants, alors qu'elle demandait un nouveau procès.  

«Le dossier de la rue Sicard était particulièrement lourd à porter en raison de l'âge des victimes, de la détresse des parents des victimes et aussi, il ne faut pas le négliger, de la détresse des parents des accusés», précise l'avocat qui ne souhaite en aucun cas hiérarchiser et comparer les tragédies. 

Les multiples scènes de crime peuvent compliquer la tâche de l'avocat qui représente Sylvain Duquette. En tout, trois endroits ont été étudiés par les policiers, soit les deux résidences où ont eu lieu les meurtres ainsi que la station-service où le suspect a été arrêté.

Malgré la gravité des crimes que la direction des poursuites criminelles et pénales reproche à une personne, celle-ci a droit à un procès juste et équitable. Ce principe est fondamental dans le travail des avocats de la défense. Ayant défendu Cédric Bouchard alors qu'il avait reconnu ses actes, Me Duval affirme qu'un avocat doit remplir son devoir dans toutes circonstances. 

«Je l'ai déjà dit dans le contexte de la rue Sicard, mais peu importe la gravité ou la monstruosité du crime, l'individu a des droits et le rôle de l'avocat c'est de s'assurer que ces droits sont respectés», soutient Me Duval.

Sylvain Duquette a notamment été accusé jeudi de trois meurtres au premier degré ainsi que d'une tentative de meurtre et de séquestration. Me René Duval précise qu'avec de telles accusations, Duquette devrait, s'il ne plaide pas coupable, subir un procès devant jury à la Cour supérieure. De plus, lors d'accusations de meurtre au premier degré, il n'y a qu'un juge de la Cour supérieure qui peut accepter une remise en liberté de l'accusé. 

Si un procès est requis, l'accusé pourra par la suite subir une enquête préliminaire. Celle-ci permet au tribunal de déterminer si la preuve est suffisante pour la tenue d'un procès. 

De plus, si Duquette est reconnu coupable de trois meurtres prémédités, il pourrait être condamné pour chacun des chefs à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Et les trois termes peuvent s'additionner, ce qui fait qu'il ne serait pas éligible à une libération conditionnelle avant 75 ans.  

«En vertu d'un amendement d'il y a maintenant quelques années, lorsqu'un individu fait face à plusieurs chefs d'accusation de meurtres au premier degré et qu'il s'agit d'un adulte, il peut être condamné à trois termes de prison à perpétuité et devoir purger pour chacun 25 ans avant d'être éligible à une libération conditionnelle. L'individu pourrait être détenu 75 ans avant que son dossier soit considéré», indique Me Duval qui précise que cette disposition de la loi a été appliquée pour Justin Bourque, cet homme reconnu coupable des meurtres de trois policiers à Moncton en juin 2014. 

Est-ce que la défense pourrait être tentée de plaider l'aliénation mentale? Me Duval estime que les possibilités sont minces. 

Il affirme que depuis l'affaire Guy Turcotte qui a soulevé l'ire de la population, les tribunaux sont encore moins enclins qu'ils ne l'étaient à accepter cette défense. «C'est difficile de convaincre un jury de ça. Déjà que la perception du public était qu'il s'agissait d'un simulacre, l'affaire Turcotte a mis un clou dans le cercueil [de la défense pour aliénation mentale», précise Me René Duval.




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