Triple meurtre au Centre-de-la-Mauricie

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Sylvain Duquette a comparu jeudi après-midi au palais de justice de Shawinigan.

Sylvain Mayer

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(Shawinigan) Un terrible drame familial s'est joué mercredi soir dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides ainsi qu'à Saint-Mathieu-du-Parc. Sylvain Duquette, 51 ans, aurait assassiné sa belle-mère Jocelyne Pellerin, sa belle-soeur Denise Hallé ainsi qu'une amie de cette dernière, Jeannette Lauzon Toupin, à l'intérieur de deux résidences. Une quatrième victime, le père du suspect, Claude Duquette, a été aspergé d'essence mais a pu s'extirper à temps avant de se rendre chez des voisins pour appeler des secours.

Sylvain Duquette a comparu en fin d'après-midi jeudi au palais de justice de Shawinigan et fait maintenant face à la plus grave accusation du code criminel, soit le meurtre avec préméditation. Il a été accusé de trois meurtres prémédités sur les personnes de Jocelyne Pellerin, 70 ans, Denise Hallé, 56 ans, et Jeannette Lauzon Toupin, 61 ans. Il fait également face à des accusations de tentative de meurtre sur son père, Claude Duquette, 80 ans, de même que séquestration et crime d'incendie. Selon les actes d'accusation déposés en cour, jeudi, une arme à feu aurait été utilisée dans au moins un des crimes, soit la tentative de meurtre. Il n'a toutefois pas été possible de confirmer officiellement que les meurtres ont été commis par arme à feu, certains éléments d'enquête restant à être déterminés.

Lors de sa comparution devant le juge David Bouchard au palais de justice de Shawinigan, Sylvain Duquette est demeuré stoïque et a balayé du regard la salle où se trouvaient de nombreux journalistes ainsi que quelques proches des victimes. En raison de la gravité des chefs d'accusation, il demeure détenu jusqu'à son retour en cour prévu le 13 avril. C'est à ce moment que commencera la divulgation de la preuve contre lui.

Interrogée à sa sortie de la salle d'audience, l'avocate de l'accusé, Karine Bussière, a indiqué qu'elle n'écartait pas la possibilité de demander une évaluation psychologique de son client ainsi que sa remise en liberté plus tard au cours des procédures à la lumière de ce que la preuve révélera. Elle n'a cependant pas voulu développer sur l'état d'esprit actuel de l'accusé.

Fait à noter, le juge a ordonné à Duquette de ne pas entrer en contact avec son père à partir de son lieu de détention, et ce, de quelque façon que ce soit.

Selon les premiers éléments d'enquête relatés par les policiers de la Sûreté du Québec, l'homme se serait d'abord rendu à la résidence de son père, située sur le chemin du Méandre à Saint-Mathieu-du-Parc, où il aurait ligoté et assassiné Jocelyne Pellerin, la conjointe de son père. Le suspect aurait par la suite aspergé son père d'essence, mais ce dernier a pu prendre la fuite et trouver refuge chez des voisins, qui ont alerté les policiers.

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C'est dans cette résidence de Saint-Gérard-des-Laurentides que Denise Hallé et Jeannette Lauzon Toupin ont été froidement assassinées. Le suspect aurait par la suite tenté d'allumer un incendie.

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Sa cavale meurtrière se serait ensuite transportée à moins d'un kilomètre de là, du côté du secteur Saint-Gérard-des-Laurentides, sur le chemin du Lac-Marchand, à la résidence de sa belle-soeur, Denise Hallé. Il aurait froidement assassiné la dame ainsi qu'une proche, Jeannette Lauzon Toupin, qui se trouvait en visite de l'Ontario. La Sûreté du Québec a confirmé que l'homme aurait également tenté d'incendier les deux résidences après avoir commis ses crimes.

Sylvain Duquette aurait aussi volé la voiture de son père, au volant de laquelle il a pris la route vers Shawinigan. Il s'est arrêté à la station-service Irving de la rue Trudel, à l'intersection de l'Avenue de la Montagne, où il aurait tenté de faire le plein de bidons d'essence. C'est à cet endroit que sa cavale s'est terminée, un peu avant minuit, alors qu'il a été repéré par la Sûreté du Québec et mis en état d'arrestation.

La voiture que conduisait le suspect, une voiture... (Sylvain Mayer) - image 6.0

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La voiture que conduisait le suspect, une voiture grise qui appartenait à son père, a fait l'objet d'une expertise minutieuse à la station-service Irving de la rue Trudel, là où le suspect a été arrêté.

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Évincé

Selon le récit de plusieurs témoins et proches des victimes, de même qu'une lettre publiée sur le compte Facebook du suspect, Sylvain Duquette faisait face à certains problèmes financiers et était hébergé chez son frère et sa belle-soeur depuis le mois d'octobre dernier. Il devait y demeurer jusqu'en juin. En décembre, son frère est décédé d'une leucémie. Sylvain Duquette a toutefois continué de demeurer à cet endroit. Par contre, au cours des dernières semaines, sa belle-soeur lui aurait mentionné qu'il devait quitter au début du mois d'avril.

«J'aurais aimé qu'elle respecte la volonté de mon frère décédé à 52 ans d'une leucémie aiguë en décembre dernier et de me garder jusqu'à l'été, soit fin juin. Mais non. On me jette à la rue comme un malpropre. (...) Tout se paie un jour, mais parfois c'est long en chien! Mais je réserve un chien de ma chienne à ceux qui le méritent», peut-on notamment lire dans la lettre qu'il a publiée sur son compte Facebook (voir autre texte).

Il indique par ailleurs en vouloir à son père de ne pas l'avoir aidé depuis qu'il a cessé de travailler, il y a trois ans. «Mon père, lui riche comme Crésus, a préféré se détourner de moi, parce que je suis devenu indigne de lui, parce que je ne représente plus ses valeurs sociales (...) Aujourd'hui, mon père est passé ici. Il ne m'a même pas regardé ou offert 5 $ pour m'aider, sachant très bien que demain on me jette à la rue comme un sale indésirable, pour faire de la place à la visite et aux amis qui viennent passer une semaine chez ma belle-soeur où je suis chambreur», écrit-il aussi dans cette publication datant du 30 mars en soirée.

De nombreux policiers et enquêteurs se sont rendus... (Sylvain Mayer) - image 7.0

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De nombreux policiers et enquêteurs se sont rendus sur le chemin du Lac-Marchand afin de recueillir les éléments de preuve.

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Famille

Jeudi, de nombreux membres de la famille des victimes se sont rendus à l'hôpital de Shawinigan afin d'avoir des nouvelles de la seule victime rescapée de ce sordide événement. Il semble également que des proches de l'une des victimes du chemin du Lac-Marchand aient aussi été hospitalisés pour soigner un choc nerveux.

Rencontrée chez elle, la soeur du suspect et fille de la victime rescapée a préféré ne pas s'adresser aux médias, signifiant simplement qu'elle avait appris ce qui s'était produit en terminant de travailler. Visiblement sous le choc, elle a voulu demeurer loin des caméras.

Dans le paisible quartier boisé de Saint-Gérard-des-Laurentides, tout le monde semblait connaître les victimes ainsi que le suspect, alors que plusieurs personnes de la famille habitent à cet endroit depuis de nombreuses années. Des amies de Denise Hallé se sont également présentées sur les lieux pour constater ce qui s'était produit, qualifiant le tout d'impensable et de terrible.

Avec la collaboration de Mathieu Lamothe




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