Le suspect s'était défoulé sur Facebook

Une semaine avant de commettre ses crimes, le... (Photo tirée de Facebook)

Agrandir

Une semaine avant de commettre ses crimes, le suspect qui a assassiné trois femmes à Shawinigan mercredi soir avait publié un long message sur sa page Facebook.

Photo tirée de Facebook

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Une semaine avant de commettre ses crimes, le suspect qui a assassiné trois femmes à Shawinigan mercredi soir avait publié un long message sur sa page Facebook, dans lequel il exprime son désarroi et sa hargne, notamment envers le système capitaliste, la société en général et aussi envers son père.

Une grande partie du message provient d'une autre page Facebook et on présume que Sylvain Duquette en assumait le contenu. Mais les derniers paragraphes ont vraisemblablement été écrits par lui, puisqu'ils renferment de nombreux détails directement liés aux membres de sa famille.

Des voisins ont raconté que l'individu de 51 ans avait aménagé chez son frère et sa belle-soeur après avoir connu des problèmes financiers. Son frère est décédé en décembre, de sorte qu'il habitait maintenant seul avec sa belle-soeur, qui lui aurait demandé de quitter les lieux pour le 1er avril. Deux jours avant cette échéance, il écrivait ceci sur Facebook: «Moi il y a trois ans j'ai décidé de lâcher prise, de tout envoyer promener et de vivre au jour le jour sans rien demander à personne, et de voir qui seraient mes vrais amis, ma vraie famille... Assez curieusement ce sont mes frères et soeurs qui ne sont vraiment pas riches qui m'ont offert leur aide avec insistance, alors que mon père, lui, riche comme Crésus, a préféré se détourner de moi.»

Il exprime aussi plus précisément son ressentiment envers son père, qu'il a également tenté de tuer mercredi soir. En faisant référence aux qualités de sa mère décédée, il a écrit: «Dommage que mon père n'ait jamais su apprendre cela d'elle. Il lui a gâché toute sa vie ainsi que la mienne, ainsi que mes frères et soeurs passablement, en nous méprisant et nous traitant comme des meubles ou des chèques d'allocations familiales à encaisser pour bâtir sa propre fortune personnelle.»

Au sujet de sa belle-soeur, qu'il a tuée après qu'elle l'eut prié de quitter sa maison, il écrivait: «J'aurais aimé qu'elle respecte la volonté de mon frère décédé à 52 ans d'une leucémie aiguë en décembre dernier, et de me garder jusqu'à l'été, soit fin juin. Mais non, on me jette à la rue comme un malpropre, moi qui ai tout donné pour les autres sans penser à moi en premier.»

Sylvain Duquette fait aussi état, dans son message, de sa vie sur le marché du travail. On comprend qu'il a quitté la vie active à 48 ans et a choisi de vivre modestement.

«J'ai travaillé toute ma vie à la gagner et faire en sorte que ma famille et mes proches ne manquent jamais de rien. Tout ce que je demandais en retour c'était un peu de respect et de considération, être aimé comme je suis et non comme l'on voudrait que je sois. Mais il semble que c'était trop demander», considérait-il.

«Aujourd'hui je n'ai plus rien. J'ai tout vendu, donné ou abandonné, mais je suis resté le même. J'ai toujours aidé les pauvres et les plus faibles sans les critiquer ou juger, car j'ai toujours dit un jour ce sera moi qui sera peut-être dans cette position délicate et fâcheuse», écrivait-il aussi avant de jeter son fiel sur son père qui ne l'aurait pas aidé «parce que je suis devenu indigne de lui, parce que je ne représente plus ses valeurs sociales».

«Moi je n'ai pas changé. Je suis le même homme, pas plus fou ni dépressif, juste plus pauvre. Ayant été beaucoup solitaire et vivant très humblement, cela ne m'a pas beaucoup dérangé. En fait cela a dérangé beaucoup plus mon entourage que moi-même. Beaucoup de mes amis ne me considèrent plus comme avant en se permettant de me juger comme si je n'avais jamais travaillé de ma vie alors que j'ai commencé à 17 ans jusqu'à 48 ans sans jamais chômer», assure-t-il.

«Sûrement que leur karma va se charger de leur rappeler ce qui est mal. En tout cas comme je le dis souvent, tout se paye un jour, mais parfois c'est long en chien...! Mais je réserve un chien de ma chienne à ceux qui le méritent», concluait Sylvain Duquette en parlant vraisemblablement de son père et de sa belle-soeur.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer