«Je pensais vraiment que j'allais mourir»

William Labranche... (Facebook)

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William Labranche

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La deuxième présumée victime de William Labranche a livré un témoignage très émotif, mardi, ponctué de nombreux sanglots dans lequel elle a répété à plusieurs reprises à quel point elle avait eu peur de mourir.

La jeune fille, qui a maintenant 21 ans, serait visiblement traumatisée par les événement survenus en avril 2015. Compte tenu de son état de santé psychologique, le juge Jacques Trudel lui a d'ailleurs accordé la permission de faire un télé-témoignage pour éviter de se retrouver dans la même salle que son présumé agresseur. Elle a également obtenu l'autorisation d'être accompagnée d'un membre de sa famille en guise de soutien. 

Avec beaucoup de difficultés, elle a ainsi raconté les moments d'horreur qu'elle aurait vécus les 18, 19 et 20 avril. Avec une grande brutalité, Labranche l'aurait ainsi violée, sodomisée et forcée à faire des fellations alors qu'elle était sous l'emprise de la drogue fournie par le prévenu. Il s'agirait tous de gestes particulièrement dégradants et sordides qui lui auraient d'ailleurs causé des blessures aux parties intimes, au visage, dans la gorge, au dos et aux genoux. 

Elle a dit connaître cet homme depuis un certain temps pour lui avoir acheté de la marijuana à quelques reprises. Au début d'avril, elle aurait commencé à le fréquenter sans pour autant être en couple avec lui. Ils ont notamment consommé ensemble de l'alcool et de la drogue, comme de la marijuana et de la cocaïne. Elle a parlé d'une relation troublante qu'elle aurait eue avec lui et qui lui aurait laissé des bleus sur ses joues. 

Or, dans la nuit du 18 au 19 avril, le suspect se serait montré particulièrement violent avec elle après qu'ils aient consommé une autre sorte de drogue. Selon elle, il l'aurait étranglée et frappée, lui aurait craché au visage et l'aurait agressée sexuellement en lui causant des douleurs atroces en dépit de son refus. Elle a notamment mentionné à quel point le fait de se débattre, de pleurer ou d'avoir mal semblait lui faire plaisir. 

Le matin du 19 avril, il l'aurait de nouveau forcée à se livrer à des rapports sexuels pour ensuite l'emmener avec lui en voiture pendant plusieurs heures. Il aurait alors consommé une vingtaine de bières selon elle, de sorte qu'il était ivre au volant et conduisait très dangereusement. Il lui aurait interdit également d'utiliser son cellulaire. «Je pensais vraiment que j'allais mourir.» Le soir venu, il l'aurait finalement ramenée chez un ami. 

Or, le 20 avril, elle a communiqué avec lui pour récupérer ses lunettes et pour comprendre les motifs de ses actes. «Il ne regrettait pas. Il avait même aimé ça. Comme si c'était normal et que ça l'excitait le fait qu'il voulait me tuer», a-t-elle indiqué.

Toujours sous la menace, il l'aurait de nouveau entraînée avec elle en voiture pour se livrer à d'autres sévices sexuels et physiques. Il aurait notamment poussé la cruauté jusqu'à lui faire manger son propre vomi pendant qu'il rigolait. 

Toutefois, lorsqu'il s'est stationné non loin d'un Tim Hortons, elle aurait pris la fuite pour aller chercher de l'aide dans le commerce où se trouvaient deux personnes. Labranche serait venu la rejoindre. «Si je retournais avec lui, j'étais convaincue que je ne reviendrai pas en vie. Je l'ai filmé avec mon cellulaire pour avoir des preuves au cas où il m'arriverait quelque chose», a-t-elle raconté en larmes. 

Selon elle, elle criait à l'aide pendant qu'il la «bardassait» devant le monde. «Personne ne m'a aidée. Ils avaient trop peur. Je me sentais impuissante. J'ai eu peur! Et j'ai encore peur», a-t-elle ajouté. 

Les policiers sont finalement arrivés sur place pour procéder à l'arrestation de Labranche qui depuis, n'a jamais pu reprendre sa liberté. Elle a pour sa part été conduite à l'hôpital où elle a reçu des soins pour ses blessures physiques et les conséquences psychologiques. 

Notons que l'accusé a manifesté peu de réactions dans le box des accusés depuis le début de son procès, hormis quelques regards arrogants envers les témoins. 

L'avocate de la défense, Me Pénélope Provencher, va poursuivre le contre-interrogatoire de la plaignante mercredi. Me Marie-Ève Paquet à la Couronne fera ensuite entendre d'autres témoins pour étayer sa preuve.




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